À l’issue d’une concertation tenue le 23 août à Yaoundé sous l’égide du gouvernement, les syndicats ont obtenu plusieurs engagements sur leurs revendications et décidé de reprendre leurs activités.
La menace de paralysie du transport routier des marchandises n’aura finalement pas été mise à exécution. Alors qu’ils avaient annoncé une grève générale à compter du 24 août 2026, les organisations socio-professionnelles du secteur ont décidé de lever leur mot d’ordre. La décision intervient à l’issue d’une réunion tenue le 23 août au ministère des Transports, sous la présidence de Jean-Ernest Masséna Ngalle Bibehe, sur instructions du Premier ministre.
Au terme des échanges, plusieurs mesures ont été retenues. Sur le décret du 10 octobre 2022 relatif au transport routier des marchandises pour compte propre, le gouvernement a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la délivrance de la licence S6. Un comité interministériel devrait être mis en place auprès des Services du Premier ministre pour procéder à la relecture du texte. La transformation du Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc), prévue par le décret du 16 juillet 2025, fera également l’objet d’un examen.
Les transporteurs obtiennent aussi des engagements sur les contrôles routiers. Ceux des marchandises en transit devront être effectués exclusivement dans les quatre check-points conventionnels du corridor Douala-N’Djamena et les trois du corridor Douala-Bangui. Les équipes de prévention routière du ministère des Transports ne pourront plus percevoir d’amendes forfaitaires. Le gouvernement annonce par ailleurs la prise en compte des préoccupations liées aux tracasseries routières dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
Autre mesure : l’arrêt de la pesée des camions-citernes dans les stations de pesage, ainsi que la suspension des pesées des essieux mobiles sur l’axe Edéa-Kribi. Les contrôles de gabarit devront être réalisés exclusivement dans les stations de pesage où toutes les administrations concernées sont représentées.
Les pouvoirs publics se sont également engagés à relancer le décret d’extension de la convention collective nationale du secteur des transports routiers. Une liste des points critiques des axes routiers dégradés doit être transmise sous 24 heures aux pouvoirs publics, afin d’engager leur réhabilitation.
Ces engagements mettent provisoirement fin à un mouvement social qui faisait peser des risques sur l’acheminement des marchandises et l’approvisionnement des marchés. Dans leur préavis, les transporteurs dénonçaient notamment la multiplication des postes de contrôle, le paiement du péage sur des routes dégradées, les tracasseries routières et les conditions de chargement et de déchargement dans les infrastructures portuaires et pétrolières.
Ils contestaient également l’introduction, par le décret de 2022, de la catégorie des transporteurs pour compte propre et certaines dispositions du texte portant transformation du Cncc. Ils avaient appelé les conducteurs à garer leurs véhicules dès le 23 août à minuit. Le dialogue engagé par le gouvernement aura finalement permis d’éviter la paralysie.
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