Un accord cadre a été signé à cet effet le 29 août 2026 à Libreville entre le gouvernement gabonais, The Nature Conservancy, Enduring Earth et leurs partenaires, marquant ainsi le lancement de cette initiative sur une période de dix ans.
« Transformer les richesses naturelles du Gabon en opportunités économiques durables, notamment au bénéfice des communautés locales », tel est l’objectif global du Projet de Financement pour la Permanence (PFP), baptisé localement « Gabon Infini ». Le financement de 200 millions de dollars, soit un peu plus de 113 milliards de Fcfa attendu de cette initiative, devrait soutenir des initiatives dans la conservation des écosystèmes, le développement de moyens de subsistance en milieu rural, le tourisme durable ainsi que la valorisation économique du patrimoine naturel.
Pour le gouvernement gabonais, ce mécanisme s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification de l’économie. Le pays, dont les recettes restent fortement dépendantes des industries extractives, entend progressivement faire de son capital naturel un autre moteur de croissance. La valorisation des forêts, de la biodiversité et des espaces marins apparaît ainsi comme un moyen de générer des revenus, d’attirer des investissements et de créer des emplois, tout en préservant les ressources naturelles.
Lors de la cérémonie de lancement le 29 août dernier, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a souligné la dimension sociale du programme. « Notre vision est claire : au-delà de la simple valorisation de nos ressources, nous voulons placer l’humain et nos communautés au cœur du développement », a-t-il déclaré. Selon lui, «Gabon Infini» doit notamment renforcer les moyens de subsistance des populations rurales et faire de la biodiversité « un pilier stratégique du développement national ».
Cette ambition rejoint les engagements environnementaux du Gabon, notamment l’objectif « 30x30x30 », qui vise à préserver, à l’horizon 2030, 30% des écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins du pays. Le PFP entend donc établir un lien entre protection de la nature et financement du développement, en donnant une valeur économique aux efforts de conservation.
La mobilisation des financements s’appuie notamment sur l’expertise et les réseaux de The Nature Conservancy, dont le directeur Afrique, Ademola Ajagbe, a rencontré le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 29 août à Makokou. Les discussions ont porté sur les opportunités d’investissement, les crédits carbone, le tourisme durable et la valorisation du patrimoine naturel gabonais.
Des leviers pour transformer les efforts de conservation en ressources financières
Les crédits carbone constituent justement l’un des leviers envisagés pour transformer les efforts de conservation en ressources financières. TNC entend accompagner le Gabon dans la mise en place de mécanismes permettant de mieux valoriser les services rendus par ses forêts et ses écosystèmes. Pour un pays disposant d’un couvert forestier exceptionnel, cette perspective pourrait ouvrir une nouvelle source de revenus, à condition que les projets soient suffisamment structurés et que les bénéfices soient effectivement redistribués aux territoires et aux communautés concernées.
Sur le plan touristiques, des études doivent permettre de cartographier le potentiel des différentes régions, d’identifier les sites à fort attrait et de concevoir des circuits susceptibles d’attirer davantage de visiteurs nationaux et internationaux. Gabon Infini représente ainsi un pari à la fois environnemental et économique. La réussite du programme dépendra donc autant de la mobilisation des capitaux que de la gouvernance, de la transparence des mécanismes de financement et de la capacité à faire parvenir les retombées économiques jusqu’aux populations qui vivent au contact direct des écosystèmes.
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