Ce plaidoyer a été adressé à l’institution de Bretton Woods par Yvon Sana Bangui, son Gouverneur, le 8 septembre 2026 au cours d’une rencontre de haut niveau tenue à Washington DC.
Examiner les conditions de validation de la revue des assurances régionales suspendue depuis décembre 2025 et de la poursuite des programmes économiques et financiers soutenus par le Fonds monétaire international (FMI) dans la Cemac. Tel ont été les deux principaux objectifs de la rencontre de haut niveau qui s’est tenue le 8 septembre 2026 à Washington D.C, entre Zeine Zeidane, Directeur du Département Afrique du FMI et une délégation de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac), conduite par le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), Yvon Sana Bangui.
Des progrès accomplis par les Etats et les institutions de la Cemac à propos
Au cours des échanges, le Gouverneur de la Beac a présenté les progrès accomplis par les États membres et les institutions communautaires dans la mise en œuvre des prérequis à la reprise des discussions sur les assurances régionales. Il s’agit notamment du rétablissement de trajectoires budgétaires crédibles et soutenables, le renforcement des effectifs de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), l’élaboration d’une nouvelle loi bancaire et la révision du dispositif de surveillance multilatérale. Il a notamment rappelé la dynamique impulsée par les chefs d’État de la Cemac en vue d’assurer un redressement durable du cadre macroéconomique sous-régional, et réaffirmé la détermination des États membres et des Institutions communautaires à finaliser les actions restantes.
L’occasion faisant le larron, le patron de la banque centrale a également plaidé pour une approche pragmatique des assurances régionales, mieux adaptée aux réalités et spécificités des pays de la Cemac. D’après le communiqué de presse publié le 14 septembre 2026 par l’institut d’émission sous régional à cet effet, cette démarche ne vise ni à remettre en cause les principes de bonne gouvernance, ni à relâcher la discipline macroéconomique, mais à mieux articuler les engagements régionaux avec les programmes conclus entre les États membres de la Cemac et le FMI.
En réponse, le Directeur du Département Afrique du FMI a réaffirmé le soutien de son institution aux économies de la Cemac, et aux réformes visant à « contenir les vulnérabilités du secteur bancaire, à préserver la stabilité monétaire et financière et à renforcer la position extérieure ». Ce faisant, il a annoncé les prochaines missions des services du FMI en octobre 2026 dans la Cemac. « Celles-ci vont permettre d’évaluer les avancées enregistrées dans la finalisation des réformes convenues, dans la perspective d’une validation de la revue des assurances régionales en décembre 2026 », indique-t-on.
Une Cemac résiliente face aux incertitudes économiques mondiales
Entretemps, la Cemac démontre une résilience dans un contexte de fortes incertitudes mondiales et sous régionales. « La Cemac affiche une croissance économique de 3 %. Le déficit budgétaire se situe à 2,7 % du PIB et les avoirs extérieurs nets de la Beac croissent de 50,8 % à 4 523,1 milliards de Fcfa, en dépit de la persistance de certaines vulnérabilités. L’inflation reste maitrisée à 2,2 % soit à un niveau inférieur au seuil communautaire de 3 %. Les réserves de change se situent à un niveau confortable permettant de couvrir plus de 4 mois d’importations des biens et services », renseigne le Gouverneur de la Beac. Le secteur bancaire, quant à lui, demeure solide, tandis que la stabilité monétaire et financière de la Cemac est donc préservée. Comme quoi, la zone n’est pas exposée à un éventuel risque d’ajustement monétaire.