Le rendez-vous prévu le 24 septembre porte sur la lecture du potentiel de l’activité et la construction du bénéfice, dans un pays où 56,1% des unités de production informelles sont dirigées par des femmes.
Advans Cameroun étend à Douala son programme de formation destiné aux femmes entrepreneures. L’établissement de microfinance convie les femmes entrepreneures et les commerçantes de la capitale économique à une séance de formation gratuite, le jeudi 24 septembre 2026, autour du thème « Découvrir le potentiel de votre business et booster votre bénéfice ». Cette étape intervient une semaine après celle de Yaoundé, organisée le 17 septembre, dans le cadre du programme Advans Lady Boost.
Le dispositif relève des services non financiers que l’institution associe à son offre de crédit, d’épargne et d’assurance. Il cible un segment que l’établissement suit depuis plusieurs années. En 2021 déjà, la microfinance avait réuni des femmes autour des défis rencontrés par celles qui travaillent, dans le cadre d’un programme baptisé « Femme ». Bel Lauretta Tene, promotrice du magazine « Les dirigeantes », y avait notamment évoqué le manque de confiance en soi, les conflits, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, l’insertion professionnelle des femmes et des entrepreneures, le harcèlement et la discrimination dans le monde du travail.
Un segment identifié par le groupe
Fondée en mai 2006, Advans Cameroun est un établissement de microfinance dont la mission déclarée consiste à proposer des services financiers adaptés aux besoins des micro, petites et moyennes entreprises sur l’ensemble du territoire. L’institution annonce un réseau de 14 agences et une dizaine de partenaires commerçants réunis sous l’appellation Advans Point. Elle constitue l’une des six filiales du groupe Advans, présent au Cameroun, au Ghana, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et en Tunisie. Le groupe déclare servir plus d’un million de clients à travers son réseau.
Le ciblage des femmes entrepreneures découle d’un travail mené à l’échelle du groupe. Advans indique avoir testé plusieurs approches au Cameroun avec une campagne dédiée aux femmes entrepreneures, baptisée « Elle Advans ». L’analyse des données de l’institution a montré que ses clientes entrepreneures se concentrent dans le segment micro et se retrouvent moins dans les segments TPE et PME. Au Cameroun, la filiale comptant davantage de clients TPE et PME, le groupe a décidé de cibler ces deux segments. Les entrepreneures de TPE interrogées demandaient plus d’informations sur les services et exprimaient ensuite une réserve à l’égard des services digitaux.
Ce que disent les statistiques nationales
La formation annoncée à Douala intervient dans un contexte documenté par l’Institut national de la statistique. Le rapport principal du troisième Recensement général des entreprises établit que les femmes représentent 36,4 % des créateurs d’entreprises au Cameroun, contre 37,5% en 2016. Dans le même temps, la proportion de femmes à la tête des entreprises est passée de 42,7% en 2016 à 43,8% en 2023. Sur 30 522 dirigeants d’entreprise identifiés en 2023, 13 156 sont des femmes. Le recul de la part des créatrices est attribué notamment à l’accès limité au foncier, aux financements et aux technologies.
La troisième Enquête sur l’emploi et le secteur informel apporte un autre éclairage. L’INS recense plus de 3,4 millions d’unités de production informelles au Cameroun, dont 63,7% en milieu urbain. Le commerce en concentre 35,2%, les services 36,4% et l’industrie 28,4 %. Plus de la moitié de ces unités, soit 56,1%, sont dirigées par des femmes. Le recensement des entreprises situe par ailleurs le boom entrepreneurial camerounais dans des activités à faible barrière à l’entrée, notamment le commerce, les services de proximité, la restauration et le transport, pour l’essentiel informels et de petite taille.
L’accès au crédit constitue le point de friction récurrent pour ce public. Les institutions financières exigent des garanties telles que des biens immobiliers que de nombreuses femmes ne possèdent pas, tandis que l’activité en zone informelle prive les candidates d’un historique de crédit. Parmi les recommandations formulées à la suite de l’enquête sur l’emploi figurent l’intensification des concertations avec le système bancaire pour faciliter l’accès au crédit aux femmes entreprenantes et le soutien à la migration des entrepreneuses du secteur informel vers le secteur formel.