Alors que le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, annonce, à la suite de la concertation engagée le 18 septembre dernier, la poursuite de l’apurement des allocations de recherche et de la dette académique, le Syndicat national des enseignants du supérieur maintient son mot d’ordre de grève et ne semble pas disposé à reprendre le chemin des amphis à l’occasion de la prochaine rentrée académique.
Le bras de fer entre le gouvernement et les enseignants-chercheurs se poursuit. À quelques jours de la rentrée académique 2026-2027, prévue officiellement le 5 octobre prochain, les annonces du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) n’ont pas suffi à convaincre le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) de suspendre son mouvement. Dans un communiqué signé le 20 septembre 2026 par son Bureau exécutif national, le syndicat réaffirme en effet le maintien de son mot d’ordre de grève illimitée lancé le 3 septembre dernier.
Cette position intervient au lendemain d’une session extraordinaire dudit bureau, tenue par visioconférence, consacrée notamment à l’examen des échanges intervenus deux jours plus tôt avec le ministère de l’Enseignement supérieur, en présence d’une délégation du ministère des Finances. Le Synes salue la reprise du dialogue, mais estime que les avancées enregistrées restent insuffisantes pour mettre un terme à la contestation.
Des paiements, mais pas encore de reprise
Au cœur du désaccord figure le rythme d’apurement des engagements financiers de l’État envers les enseignants-chercheurs. Dans un communiqué signé le 18 septembre dernier, le ministre d’État, Jacques Fame Ndongo, indique que le gouvernement a procédé à plusieurs règlements au titre de l’allocation financière spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire.
Selon le Minesup, les paiements du quatrième trimestre 2025, pour un montant global de 5,4 milliards de Fcfa, se sont achevés le 26 juillet 2026. Pour le premier trimestre 2026, un reliquat de 1,769 milliard de Fcfa a été payé le 18 septembre, portant le cumul des virements à 4,862 milliards de Fcfa. Pour le deuxième trimestre 2026, les opérations, évaluées à 4,920 milliards de Fcfa, ont également débuté le 18 septembre, suivant la programmation arrêtée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, et en fonction des disponibilités de trésorerie.
Le gouvernement met également en avant l’apurement progressif de la dette académique des huit universités d’État concernées. Évaluée à 16,959 milliards de Fcfa, celle-ci aurait déjà fait l’objet de paiements à hauteur de 7,294 milliards de Fcfa, soit environ 43%. Le reliquat annoncé par le Minesup s’élève à 9,696 milliards de Fcfa. Ces annonces traduisent, selon le gouvernement, la mise en œuvre des diligences prescrites par le président de la République, Paul Biya, pour apurer les engagements financiers accumulés au bénéfice des enseignants-chercheurs.
Le Synes demande davantage de garanties
Toutefois, pour le syndicat, ces règlements ne suffisent pas encore à justifier une reprise des activités. Dans son communiqué, le Synes « prend acte » des efforts du gouvernement concernant l’apurement des sommes dues au titre des quatrième trimestre 2025 et premier trimestre 2026 de l’allocation spéciale. Mais il souligne qu’un consensus reste à établir sur le paiement intégral du troisième trimestre de l’allocation spéciale ainsi que de la dette académique.
Le syndicat réitère surtout sa demande de mise à disposition d’une liste consolidée de la dette académique, afin d’assurer un suivi transparent des paiements et une gestion appropriée des réclamations formulées par les enseignants concernés. Cette exigence met en lumière l’une des principales divergences entre le Minesup et le Synes : la question de la traçabilité et du rythme d’apurement des sommes dues aux enseignants-chercheurs.
Alors que Jacques Fame Ndongo met en avant les montants déjà débloqués et le calendrier d’apurement arrêté avec Louis Paul Motaze, le syndicat attend des garanties supplémentaires sur l’exhaustivité des sommes dues et leur règlement effectif. De ce fait, le Synes a rappelé que son mot d’ordre lancé le 3 septembre demeure en vigueur. Celui-ci implique la suspension de toutes les activités, y compris les soutenances de mémoires de Master et de thèses de Doctorat. Il annonce en outre qu’il se réunira à nouveau « en urgence », en fonction des avancées obtenues, afin de décider de la suite à donner au mouvement.
À cette divergence financière s’ajoute une différence d’appréciation sur la situation dans les campus. Dans un autre communiqué publié ce 21 septembre, le Minesup fait état de la poursuite des préinscriptions, concours, enseignements, examens et soutenances dans plusieurs universités publiques. Le ministre affirme également que les cités universitaires, bibliothèques et centres médico-sociaux continuent de fonctionner. Des affirmations qui contrastent avec le mot d’ordre du Synes.