À l’occasion de la célébration de l’édition 2026 de la Journée de l’Unité allemande, l’ambassadeur Christian Sedat a dressé, le 2 octobre à Yaoundé, le bilan des principaux acquis de la coopération entre les deux pays, avec un accent particulier sur l’investissement et le rapprochement entre les secteurs privés.
Le siège de la Fondation Friedrich-Ebert, au quartier Bastos à Yaoundé, a accueilli, le 2 octobre 2026, la réception offerte par l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, Son Excellence Christian Sedat, à l’occasion de la Journée de l’Unité allemande qui se célèbre le 3 octobre de chaque année. La cérémonie riche en sons et en couleurs a réuni plusieurs membres du gouvernement dont le ministre en charge de l‘Economie, Alamine Ousmane Mey, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, le ministre des Forêts et la Faune, Jules Doret Ndongo, le ministre délégué auprès du ministre des Relations Extérieures, chargé des affaires du Commonwealth, Félix Mbayu, le Délégué général à la Sureté nationale, Martin Mbarga Nguelé ou encore le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie, Galax Etoga. A côté, on pouvait également remarquer la présence des autorités religieuses à l’instar de l’Archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, ainsi que l’évêque de Maroua Mgr Bruno Ateba et l’évêque d’Obala, Mgr Sosthène Léopold Bayemi. Tout comme celle de diverses personnalités du monde des affaires, du sport et même de la société civile.
Dans son discours, le diplomate allemand a surtout mis en avant la dynamique économique et financière qui structure désormais une partie importante du partenariat germano-camerounais. Il a notamment rappelé les négociations intergouvernementales sur la coopération au développement tenues en avril 2026. Celles-ci ont permis aux deux gouvernements de convenir de nouveaux projets conjoints représentant plus de 64 millions d’euros de financements allemands. Les secteurs concernés couvrent notamment la santé, la gouvernance, le développement économique, la protection des ressources naturelles et l’agriculture.
Cette enveloppe vient s’ajouter à des opérations concrètes déjà engagées. En juin dernier, Yaoundé et Berlin ont notamment conclu un accord de coopération financière portant sur 15 millions d’euros, soit environ 9,84 milliards de Fcfa, destinés à la troisième phase du Programme de développement économique et social des villes secondaires exposées aux facteurs d’instabilité (Prodesv III).
L’autre marqueur de cette volonté de renforcer les relations économiques entre l’Allemagne et le Cameroun aura été la participation de 20 entreprises allemandes à Promote 2026, soit deux fois plus que lors de l’édition précédente. Pour Christian Sedat, cette mobilisation traduit l’intérêt croissant du secteur privé allemand pour les opportunités offertes par le Cameroun. L’ambassade a également poursuivi cette dynamique à travers une plateforme économique organisée à Douala avec le consul honoraire André Kram.
Le devoir de mémoire
Au-delà de l’économie, le diplomate a consacré une partie importante de son intervention à la question du passé colonial allemand au Cameroun. Berlin, a-t-il indiqué, souhaite poursuivre avec Yaoundé le travail visant à mieux documenter cette période et à traiter les responsabilités qui en découlent.
Cette démarche passe notamment par le renforcement des coopérations scientifiques entre musées et universités camerounais et allemands. L’ambassadeur a également cité l’exposition « Il était une fois la naissance du State Cameroun », présentée au Musée national à Yaoundé puis à Douala, ainsi que l’ouverture, en début d’année, de la Cameroon House, consacrée notamment aux questions liées à la restitution des biens culturels issus du contexte colonial. Sur ce dossier, Christian Sedat s’est voulu explicite : « L’Allemagne est prête à entamer un processus de restitution », tout en soulignant le rôle de l’ambassade dans la promotion des consultations entre les différentes parties.
Le diplomate a enfin évoqué la décision de la ville de Cologne, le 25 septembre, de débaptiser une rue portant le nom de Gustav Nachtigal pour lui attribuer celui du roi Rudolf Douala Manga Bell, exécuté injustement en 1914 par les autorités coloniales allemandes.
Une coopération aux dimensions multiples
La cérémonie a également permis de mettre en lumière les dimensions humaines et sociales du partenariat entre les deux pays. Christian Sedat a notamment raconté la rencontre, dans l’Extrême-Nord, avec une jeune femme qui lui a expliqué avoir été encouragée à s’engager en politique grâce au programme des jeunes leaders de la Fondation Friedrich-Ebert. Plusieurs bénéficiaires de ce programme étaient d’ailleurs présents à la réception.