En partenariat avec la BAD, l’institution veut faire passer 300 millions de petits exploitants agricoles de la subsistance à l’excédent et étendre l’accès à l’électricité à 300 millions de personnes sur le continent d’ici à 2030.
Dans le cadre de la Mission 300, la Banque mondiale s’est associée à la Banque africaine de développement (BAD) pour étendre l’accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici à 2030. À ce jour, 59 millions de personnes en ont bénéficié. Le rythme s’est accéléré : 12 millions sur l’exercice 2024, 18 millions en 2025 et 29 millions l’année dernière.
Mais l’accès à l’électricité ne constitue qu’une partie du défi. Les ménages, les mines, les usines, les exploitations agricoles et les villes en pleine croissance ont également besoin d’une alimentation électrique fiable. L’approche retenue repose sur un bouquet énergétique diversifié associant les énergies renouvelables, l’hydroélectricité, le gaz lorsque cela se justifie et le nucléaire lorsque le contexte s’y prête, ainsi que sur le développement des infrastructures de transport, de distribution et de stockage de l’électricité. Cette stratégie comprend notamment le soutien à la modernisation de centrales nucléaires, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une première depuis 50 ans.
Sur le front de l’eau, la Banque mondiale et ses partenaires ambitionnent d’améliorer la sécurité hydrique d’un milliard de personnes d’ici à 2030, dont 400 millions au titre de l’engagement du Groupe de la Banque mondiale. Vingt pactes nationaux ont déjà été conclus, fournissant une feuille de route pour garantir l’accès à une eau salubre à 150 millions de personnes. Vingt autres pactes sont en cours d’élaboration.
300 millions de petits exploitants agricoles ciblés
Dans le secteur agricole, des partenaires privés, philanthropiques et opérationnels se mobilisent pour permettre à 300 millions de petits exploitants agricoles de passer d’une agriculture de subsistance à une production excédentaire d’ici à 2030. Le Groupe de la Banque mondiale s’est, pour sa part, fixé un objectif de 200 millions d’agriculteurs. Au cours de la première année complète de mise en œuvre de l’initiative AgriConnect, l’institution a constitué un portefeuille d’activités destiné à soutenir 82 millions d’agriculteurs. « Nous préparons à présent le terrain pour les 118 millions suivants », a déclaré Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale.
Avec l’initiative « La santé, ça compte » (HealthWorks), soutenue par le gouvernement japonais, l’ambition est de garantir à 1,5 milliard de personnes l’accès à des services de santé de qualité et abordables d’ici à 2030. Environ 600 millions de personnes en ont déjà bénéficié. Ce même modèle de mobilisation se déploie dans des domaines plus récents.
Des actions envisagées dans les minéraux critiques
Dans le secteur des minéraux critiques, la Banque mondiale prévoit de multiplier par cinq ses activités en cinq ans. Elle vient de lancer ses premiers pactes-pays en collaboration avec des banques multilatérales de développement, dans le but de développer les industries locales et de maintenir davantage d’emplois et de valeur ajoutée dans les pays concernés. Vingt pays susceptibles de participer à cette démarche ont déjà été recensés.
Concernant les corridors économiques, l’institution affirme avoir lancé 52 nouveaux projets l’année dernière, contre 20 trois ans auparavant. Grâce à des partenariats tels que ceux noués avec l’initiative Global Gateway de la Commission européenne, le Plan Mattei de l’Italie et la Société américaine de financement du développement international (DFC), la Banque mondiale entend conjuguer développement des infrastructures et mobilisation des investissements.
Des projets conformes aux nouvelles priorités de la Banque mondiale
« Ces trois dernières années, j’ai mis à profit les Assemblées annuelles pour présenter les chantiers que nous avons engagés, les changements en cours et l’ambition qui les anime. Cette année, je souhaite me concentrer sur nos avancées et sur la voie vers laquelle nous nous dirigeons. » C’est en ces termes qu’Ajay Banga a résumé les priorités du Groupe de la Banque mondiale pour les prochaines années.
Selon lui, « l’avenir du développement dépendra de la capacité à mobiliser le financement public, l’investissement privé, la philanthropie et la technologie autour des besoins propres à chaque pays. Les formes et la composition de cette association de ressources doivent évoluer au rythme des pays. Là où les besoins et les risques sont les plus grands, les financements publics et concessionnels demeureront indispensables ».
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