Portée par les acteur du secteur, l’AGA-CB entend obtenir un cadre juridique adapté, promouvoir ce mode de financement et élargir l’accès des Petites et moyennes entreprises aux équipements productifs, dans un marché encore largement sous-exploité.
Le crédit-bail gabonais se dote d’une organisation professionnelle pour accélérer son développement. L’Association gabonaise des acteurs du crédit-bail (AGA-CB) a été portée sur les fonts baptismaux le 21 octobre 2026 à Libreville, à l’issue de son assemblée générale constitutive. Les 14 membres présents ont adopté les statuts et le règlement intérieur, avant d’élire à l’unanimité Rufin Nzoghe Ndong Simore, directeur général d’Alios Finance, à la présidence pour un mandat de deux ans.
Structurée autour d’un bureau exécutif de sept membres, l’association ambitionne de fédérer les intervenants de la filière, défendre leurs intérêts et sensibiliser les entreprises aux possibilités offertes par le crédit-bail. Ce dernier permet en effet à une entreprise d’utiliser un équipement, un véhicule ou un bien immobilier dans le cadre d’un contrat de location, avec une possibilité d’acquisition à son terme. Il constitue ainsi une alternative au crédit bancaire classique, notamment pour les PME qui ne disposent pas toujours des garanties exigées par les établissements financiers.
La création de l’AGA-CB intervient dans un contexte où les PME représentent un maillon essentiel du tissu productif, alors même que le crédit-bail demeure marginal dans leur financement. Selon les données présentées lors de l’assemblée constitutive, l’encours de cette activité atteignait seulement 22,3 milliards de Fcfa en 2021, soit 2,6% des financements accordés au secteur privé. En comparaison, le potentiel annuel du marché est estimé entre 180 et 200 milliards de Fcfa par la Société financière internationale (SFI).
Cet écart révèle autant les possibilités de croissance que les obstacles à lever. La méconnaissance du mécanisme par les entrepreneurs, les incertitudes réglementaires ainsi que le coût du financement limitent encore son utilisation. Pour les entreprises qui souhaitent moderniser leurs équipements sans mobiliser immédiatement des capitaux importants, le crédit-bail pourrait pourtant faciliter l’investissement, soutenir la productivité et accompagner la diversification de l’économie.
« Le potentiel est énorme. Si nous voulons viser une croissance forte, il faut conjuguer avec les PME », a souligné Rufin Nzoghe Ndong Simore. Le président de l’AGA-CB a estimé par ailleurs que cet instrument peut offrir aux petites entreprises des conditions de financement plus accessibles, avec des exigences de garanties moins contraignantes.
La loi, priorité du secteur
Pour transformer ce potentiel en financements effectifs, la nouvelle association place l’adoption d’un cadre juridique spécifique parmi ses priorités. Selon Serge Bertrand Abessolo, représentant du ministère de l’Économie et des Finances lors de l’assemblée, le projet de loi encadrant l’activité a franchi plusieurs étapes et se trouve au niveau gouvernemental. Son adoption doit contribuer à clarifier les droits et obligations des parties, sécuriser les contrats et donner davantage de visibilité aux opérateurs.
Cette démarche s’inscrit dans le chantier de réforme soutenu par la SFI, qui accompagne les autorités gabonaises dans la structuration du marché. Sur le plan fiscal, la loi de finances rectificative de 2026 a également introduit des dispositions spécifiques au crédit-bail, notamment sur le traitement de la TVA, l’amortissement des équipements et les droits d’enregistrement. Leur mise en œuvre effective et leur compréhension par les entreprises seront déterminantes pour mesurer leur impact sur le coût des opérations.