C’est ce qui ressort de la deuxième session du Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public de l’exercice 2025, tenue le 25 mars dernier à Yaoundé.
Pour la troisième année consécutive, l’exécution physique du Budget d’investissement public (BIP) a enregistré une régression. C’est le constat fait lors de la deuxième session du Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public de l’exercice 2025, présidée le 25 mars 2026 par l’honorable Moutymbo Rosette Ayayi, présidente de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée nationale, et présidente de cette instance.
Il ressort de l’évaluation de l’exécution physico-financière des projets inscrits au BIP au 31 décembre 2025 que le taux d’exécution physique des projets est de 64,15 %, contre 64,88 % à la même période en 2024, soit une légère baisse de 0,73 point. « Le taux d’engagement, quant à lui, est de 83,19 % en valeur relative, contre 84,89 % à la même période de l’exercice 2024. Le taux de liquidation est de 82,58 % en valeur relative, contre 83,82 % à la même période de l’exercice 2024, et le taux d’ordonnancement se situe à 81,96 % en valeur relative, contre 82,93 % à la même période de l’exercice 2024 », détaille la note d’information de la cellule de communication du Minepat, dont LFA a obtenu copie.
En revanche, les projets exécutés à travers les crédits délégués et les ressources transférées aux collectivités territoriales décentralisées affichent une progression notable. Le taux d’exécution physique atteint 81,97%, contre 78,44% en 2024, soit une amélioration de 3,53 points. Cette dynamique positive est portée en particulier par les régions de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord, qui enregistrent des performances remarquables.
Il convient de préciser que cette performance aurait été plus intéressante si les contraintes régulièrement observées ne persistaient pas, comme lors des années antérieures, où l’on assiste toujours aux mêmes difficultés qui continuent d’entraver la bonne exécution des projets du BIP. Il s’agit notamment de la passation de certains marchés pluriannuels sur les crédits de paiement (CP), en lieu et place des autorisations d’engagement (AE), conformément aux dispositions réglementaires applicables, entraînant des difficultés dans la gestion budgétaire desdits marchés ; de la signature de certains avenants avec une incidence financière au-delà du plafond prévu par les dispositions du Code des marchés publics ; du non-respect des plans de passation des marchés ; du faible engouement de certains prestataires à soumissionner à la commande publique dans les régions en proie à la crise sécuritaire ; des lenteurs dans l’exécution physique de certains projets à financement conjoint en raison de l’insuffisance de la dotation des FCP ; de l’abandon de certains chantiers en raison du non-paiement des décomptes et des capacités insuffisantes des cocontractants de l’Administration ; de la modification des spécifications techniques de certains produits commandés, avec pour conséquence l’élaboration d’avenants. À cela s’ajoutent la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 ainsi que l’insécurité dans certaines régions.