Installés le 5 mai 2026 à Yaoundé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie au lendemain de leur nomination, Antoine Ntsimi, Oumarou Hamandjoda et Jean Basile Ekobena auront pour mission de lutter contre les coupures, réhabiliter les infrastructures et apurer les dettes héritées d’Eneo.
Le changement de dénomination de l’entreprise chargée de la distribution de l’énergie électrique, acté par décret du chef de l’État, Paul Biya, le 4 mai 2026, s’est accompagné d’un renouvellement de son équipe dirigeante. Antoine Ntsimi occupe désormais le fauteuil de président du conseil d’administration (PCA) de cette entreprise détenue à 95 % par l’État du Cameroun, après le rachat, le 19 novembre 2025, de 51 % des parts détenues par le fonds britannique Actis, pour un montant de 78 milliards de Fcfa.
Le poste de directeur général (DG) est confié à Oumarou Hamandjoda, assisté de Jean Basile Ekobena comme directeur général adjoint (DGA). Ils ont été installés dans leurs fonctions le 5 mai 2026 à Yaoundé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee).
Le passage d’Eneo à la Société camerounaise d’électricité (Socadel) ouvre ainsi une nouvelle séquence dans la gouvernance du secteur électrique camerounais. La nouvelle entité se voit dotée d’un leadership appelé à porter l’ambition de redressement, de performance et de souveraineté énergétique. À travers ce trio, se dessine un équilibre entre expertise économique, maîtrise technique et expérience opérationnelle, traduisant une exigence claire de résultats.
La feuille de route des nouveaux dirigeants de la Socadel
En installant les tout premiers dirigeants de la Socadel, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a insisté sur le caractère décisif de cette nouvelle gouvernance, appelée à se traduire par des réformes concrètes. Face aux déséquilibres financiers persistants et à la dégradation du service, un redressement s’impose. Au-delà de l’éradication des coupures intempestives, le nouveau top management devra s’atteler à la reconstruction du réseau et des équipements vétustes, ainsi qu’à l’apurement du passif laissé par Actis.
Ils sont également attendus sur l’amélioration du recouvrement, la lutte contre la fraude et la transformation de la gestion. L’une des clés de réussite réside dans une gouvernance fondée sur la rigueur et la redevabilité. « Aucune opacité ne devra être tolérée. Je n’attends pas de vous des intentions, mais des résultats visibles et mesurables. Vous n’avez pas droit à l’erreur », a lancé le ministre Gaston Eloundou Essomba.
Trois profils d’expérience pour transformer la Socadel
En installant cette première équipe dirigeante, le gouvernement ouvre une nouvelle ère pour le secteur électrique camerounais, portée par des profils d’expérience et marquée par une forte exigence de résultats.
Le choix d’Antoine Ntsimi à la tête du conseil d’administration traduit la volonté d’impulser une dynamique managériale axée sur la rigueur financière et la crédibilité internationale. Économiste reconnu, ancien ministre des Finances et ex-président de la Commission de la Cemac, il incarne une solide expérience des réformes à grande échelle.
Au cœur de l’opérationnel, Oumarou Hamandjoda présente un parcours technique solide. Ingénieur des centrales hydroélectriques, universitaire et maître de conférences à l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, il cumule plus de 25 ans d’expérience dans le secteur de l’énergie. Son passage à Eneo comme directeur général adjoint lui confère une bonne connaissance des réalités du terrain et des enjeux de distribution.
À ses côtés, Jean Basile Ekobena complète ce dispositif avec un profil d’expert chevronné. Économiste senior de l’énergie, fort de plus de trente ans de carrière au sein de la Sonel, d’AES Sonel puis d’Eneo, il a traversé toutes les mutations du secteur. Sa maîtrise des mécanismes internes du système énergétique en fait un acteur clé du redressement attendu.