Zone Cemac: La valeur des fonds reçus en hausse de 77% en 2024

Selon le rapport de la Beac sur les services de paiement publié il y a quelques jours, elle a atteint 1 354 milliards de Fcfa, contre 763,81 milliards de Fcfa un an plus tôt.

Au cours de l’année 2024, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a enregistré une forte dynamique dans les services de paiement. Selon le rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale, « cette évolution s’inscrit dans un contexte de transformation numérique accélérée, impulsant un dynamisme notable des acteurs du secteur financier, alignés sur l’impératif de numérisation et de dématérialisation ».

À fin 2024, la sous-région comptait 502 prestataires de services de paiement, ayant permis l’ouverture de plus de 56,47 millions de comptes. Près de 9 millions de nouveaux comptes ont été créés grâce à la généralisation des applications bancaires, permettant aux clients de disposer d’un compte de paiement (Mobile Money) en complément de leur compte bancaire.

Par ailleurs, les applications mobiles ne lient plus systématiquement un numéro de téléphone à un seul opérateur. Avec un même numéro, il est désormais possible d’ouvrir plusieurs comptes auprès de différents établissements. Ainsi, la hausse du nombre de comptes (45 millions en 2023) ne reflète pas nécessairement une progression équivalente du taux de bancarisation.

Les facteurs de l’augmentation des transferts d’argent en Cemac

Le volume total des transactions a atteint 3,92 milliards d’opérations, pour une valeur cumulée de 182 962 milliards de Fcfa, en hausse de 5,76 % en volume et de 6,38 % en valeur.

Cette progression s’explique par plusieurs facteurs, au premier rang desquels la digitalisation des services publics, favorisant l’usage des moyens de paiement scripturaux connectés aux systèmes de la Banque centrale et, pour certains, au Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale. S’y ajoutent l’intensification des stratégies commerciales des prestataires et le dynamisme des fintechs, partenaires techniques ou commerciaux des établissements agréés.

Le rapport met également en avant l’émergence de nouveaux services, notamment l’octroi de crédits via les établissements de paiement, la réception de fonds internationaux directement sur les comptes de paiement, ainsi que le paiement de certains impôts et taxes. L’amélioration de la qualité des services — traitement des réclamations, réinitialisation des codes ou remboursement des erreurs — et la baisse des tarifs ont aussi contribué à ces performances.

Toutefois, cette croissance est moins soutenue que les années précédentes, en raison de l’introduction de taxes sur les paiements en monnaie scripturale dans plusieurs pays de la Cemac.

Une prédominance du Mobile Money

L’analyse des instruments de paiement révèle une nette domination du Mobile Money, qui représente 94,34 % des opérations, soit 3,74 milliards de transactions. Les cartes bancaires suivent avec 2,93 % (114,98 millions d’opérations), devant les virements classiques (1,44 %, soit 56,53 millions).

En valeur, les virements classiques dominent avec 34,33 % (62 810,44 milliards de Fcfa), suivis des retraits au guichet bancaire (27,33 %, soit 50 011,03 milliards de Fcfa) et du Mobile Money (17,37 %, soit 31 788,57 milliards de Fcfa). Au total, les virements, toutes catégories confondues, représentent 51,70 % de la valeur des transactions.

Le Cameroun demeure le principal centre d’activité des paiements dans la Cemac, concentrant 65,10 % du volume (2,55 milliards d’opérations) et 56,95 % de la valeur (104 198,12 milliards de Fcfa). Le Congo arrive en deuxième position en volume (22,76 %, soit 893,15 millions d’opérations), tandis que le Gabon occupe la deuxième place en valeur (17,49 %, soit 32 001,18 milliards de Fcfa).

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