La cérémonie de pose de la première pierre de cet important projet qui ambitionne de faire du Gabon un hub logistique de premier plan en Afrique centrale, s’est déroulée le 9 juin 2026 sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le Gabon franchit le 9 juin dernier une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation économique, à travers le lancement à Nyonie, dans le département du Komo-Océan, par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe. Adossé à des investissements dans le ferroviaire, l’énergie et l’exploitation minière, ce projet infrastructurel clé du complexe intégré Belinga, ambitionne de faire du Gabon un hub industriel et logistique de premier plan en Afrique centrale.
Fruit d’un partenariat conclu en avril dernier entre l’État gabonais, Africa Global Logistics (AGL) et Algest Investment Bank, ce projet s’inscrit dans une vision plus large de valorisation des ressources naturelles du pays à travers leur transformation locale et leur exportation vers les marchés internationaux.
Implanté sur près de 500 hectares, le complexe comprend notamment un port minéralier doté de quatre postes à quai, une ligne ferroviaire minéralière de 535 kilomètres, un barrage hydroélectrique de 400 MW à Booué ainsi que le développement de la mine de fer de Belinga, dont la capacité de production pourrait atteindre 100 millions de tonnes par an.
Un projet structurant pour l’économie
Pour les autorités gabonaises, l’enjeu dépasse largement la seule exploitation minière. Le projet est présenté comme un levier de diversification économique et d’industrialisation. Et comme l’a déclaré le chef de l’État lors de la cérémonie de lancement, il s’agit de « faire des ressources naturelles du Gabon un levier de transformation économique, de création d’emplois et de développement des territoires ».
L’ambition affichée est de connecter les sites de production aux infrastructures ferroviaires et portuaires, afin de créer une véritable chaîne de valeur industrielle autour du minerai de fer. Cette orientation s’inscrit dans la volonté des autorités de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et de favoriser l’émergence d’activités de transformation locale. Car en effet, selon les projections officielles, le développement des infrastructures connexes pourrait générer plus de 9.000 emplois directs et jusqu’à 100.000 emplois indirects à l’horizon 2030.
Une mobilisation internationale
En marge de la cérémonie, Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu plusieurs chefs de missions diplomatiques accrédités au Gabon, afin de présenter les contours du projet et de solliciter davantage de partenariats.
Le complexe Belinga-Kobe-Kobe repose en effet sur une coalition d’acteurs internationaux issus de plusieurs continents. Parmi eux figurent notamment AGL pour les infrastructures portuaires, China Railway pour le ferroviaire, EDF-Synohydro pour les ouvrages énergétiques, Trafigura pour la commercialisation des minerais ainsi que le groupe australien Fortescue pour l’expertise minière. Le président gabonais a ainsi réaffirmé sa volonté de bâtir une coopération économique ouverte. « Le développement du Gabon ne saurait reposer sur un partenaire unique, mais sur une coopération ouverte et équilibrée », a-t-il souligné devant les diplomates.