Rencontre au sommet : Le gouverneur de la Beac présente le bilan de la situation macro-économique de la Cemac au président Touadéra

Au cours de l’audience que lui a accordée le chef de l’État centrafricain le 22 juin 2026, Yvon Sana Bangui a noté que le taux d’inflation est passé de 4% en 2025 à 1,6%, que les réserves de change se situent à 73,93% à fin avril contre 69,19% l’année précédente et que la qualité du portefeuille de crédits des banques s’est améliorée.

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) se porte bien. C’est, en filigrane, le message porté par le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) au chef de l’État centrafricain, Pr Faustin Archange Touadéra. Au cours de l’audience qui lui a été accordée le 22 juin 2026, Yvon Sana Bangui a dressé le bilan de la situation macro-économique de la sous-région, notant une amélioration constante depuis la Conférence des chefs d’État du 22 janvier 2026 à Brazzaville. À titre d’illustration, l’Indice composite des activités économiques (Icae) affiche une progression de 4,9 % en glissement annuel, selon les derniers chiffres de la banque centrale. Par ailleurs, l’inflation dans la zone est désormais contenue sous la norme communautaire de 3%. Son taux se situait à 1,6 % en mars 2026, contre 4,0 % un an plus tôt. La position extérieure de la Banque centrale s’est renforcée, avec un taux de centralisation des réserves de change s’établissant à 73,93 % à fin avril 2026, contre 69,19 % l’année précédente.

Le gouverneur de la Beac a également souligné la résilience et la solidité du système bancaire sous-régional. Au 31 mars 2026, l’excédent de trésorerie des banques de la Cemac s’est élevé à 7 737 milliards de Fcfa, représentant 27% du total du bilan. Parallèlement, la qualité du portefeuille de crédits s’est nettement améliorée, le taux des créances en souffrance ayant reculé de 1,8 point de pourcentage sur un an pour s’établir à 15,68% des crédits bruts, contre 17,45% l’année précédente.

L’inclusion financière et la monétisation de l’or également au menu

Dans cette dynamique, le gouverneur a fait le point sur le maillage territorial de la Banque centrale, pilier de sa stratégie d’inclusion financière. Il a abordé l’avancement des études techniques de la future agence de Bouar et s’est félicité de l’attribution prochaine, par l’État centrafricain, d’un terrain destiné à l’implantation future de l’agence de la Beac à Bambari, après celle de Bouar, afin de rapprocher les services financiers des populations. D’autre part, Yvon Sana Bangui a annoncé une avancée décisive concernant la stratégie de monétisation de l’or, dont l’adoption est désormais actée par le Conseil d’administration et le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac). Les travaux se concentrent désormais sur la finalisation des procédures et des modes opératoires afin d’assurer une mise en œuvre rigoureuse et sécurisée de cet instrument stratégique destiné au renforcement des actifs de la Banque centrale. Le début de son opérationnalisation est annoncé pour 2027.

Le point sur la gouvernance du Crédit mutuel de Centrafrique

En outre, la question de la gouvernance du Crédit mutuel de Centrafrique (Cmca) a été abordée avec la plus grande fermeté. Le gouverneur de la Beac a rappelé que, depuis près d’un an, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) y a nommé un administrateur provisoire. Sa mission prioritaire était de sauver l’établissement, de procéder aux recouvrements, de protéger les avoirs de la clientèle et de rétablir l’équilibre financier à travers un plan de restructuration rigoureux.

À cet effet, le gouverneur a sollicité l’appui des autorités pour le lancement immédiat d’un audit indépendant et approfondi afin de faire toute la lumière sur la situation et d’établir les responsabilités. Il a également plaidé pour une coopération judiciaire internationale renforcée, via Interpol, afin d’interpeller les anciens dirigeants ayant fui le pays pour les besoins des enquêtes judiciaires en cours, avec pour objectif le recouvrement des biens des épargnants. Il a enfin insisté sur la nécessité de préserver cet outil précieux au service des Centrafricains.

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