Protection de l’enfance : Plan International et MTN outillent les journalistes sur la sécurité des enfants en ligne

Réunis à Yaoundé du 25 au 26 juin 2026, des professionnels des médias ont été sensibilisés aux bonnes pratiques de couverture des violences faites aux enfants, dans un contexte où le Cameroun figure parmi les pays les plus touchés par ce fléau.

Comment informer sans nuire aux victimes ? C’est à cette problématique qu’ont tenté de répondre Plan International, une ONG de solidarité internationale qui défend les droits des enfants et l’égalité entre les filles et les garçons dans 80 pays et MTN Cameroon, à travers une formation organisée du 25 au 26 juin 2026 à Yaoundé à l’intention d’une trentaine de journalistes. L’objectif était de renforcer les capacités des professionnels des médias sur la protection des enfants en ligne et le traitement éthique des violences dont ils sont victimes.

Cette formation à laquelle le gouvernement camerounais était représenté par le ministère de la Jeunesse et de l’Education civique, était d’autant plus indispensable dans la mesure où les organisateurs ont d’emblée rappelé que la protection des enfants, dans l’environnement numérique, constitue aujourd’hui un défi mondial qui nécessite l’implication de tous les acteurs. Surtout que le Cameroun figure d’ailleurs parmi les dix pays enregistrant le plus grand nombre d’abus commis sur les enfants.

Informer sans revictimiser

Lors de son exposé, le Dr Jeannette Afounde, médecin de santé publique, a indiqué que les journalistes ont un rôle déterminant dans la prévention des violences. Car, a-t-elle prévenu, « Un reportage mal fait peut causer plus de dégâts après. L’enfant peut se reconnaître plus tard lorsque le reportage paraît, la honte s’installe et la guérison s’arrête ».

A cet effet, elle recommande aux hommes et femmes de médias de préserver systématiquement lors de leurs reportages, l’identité des victimes, d’éviter de leurs faire revivre leur traumatisme devant une caméra et de privilégier les témoignages des professionnels de santé. Toujours selon elle, les violences subies pendant l’enfance entraînent des conséquences durables sur le développement physique et psychologique, allant du stress toxique à la dépression, en passant par les troubles de la santé reproductive dans les cas de violences sexuelles.

La spécialiste a terminé en attirant l’attention sur les risques psychosociaux auxquels sont exposés les journalistes eux-mêmes. « Un journaliste qui couvre régulièrement les violences sur les enfants peut développer, sans s’en rendre compte, les mêmes troubles que les victimes », a-t-elle souligné, invitant les professionnels à apprendre à gérer cette charge émotionnelle.

Un coût économique considérable

Au-delà de l’aspect humain, les violences faites aux enfants représentent également un lourd fardeau économique. Économiste de la santé à l’Institut de recherche pour la santé et le développement (Iresade), le Dr Albert Zé estime que les traumatismes de l’enfance pèsent durablement sur le capital humain et les finances publiques. D’où l’urgence à réguler la circulation de l’information liée à ce fléau.

À partir d’une modélisation portant sur une cohorte de 100.000 enfants suivis pendant vingt ans, il a évalué le coût global des traumatismes à 213,5 milliards de Fcfa. Rapporté à l’échelle nationale, ce montant atteindrait 21.350 milliards de Fcfa, soit plus de deux fois et demie le budget annuel du Cameroun. « Il y a vraiment urgence à réguler un certain nombre de choses dans la circulation de l’information liée à ce fléau », a-t-il insisté.

La sécurité en ligne, une responsabilité partagée

De son côté, Fernande Mengbwa, représentante de la Fondation MTN, a présenté les actions menées par l’entreprise pour promouvoir un environnement numérique plus sûr. A cet effet, l’opérateur mise notamment sur la sensibilisation, le renforcement des capacités des éducateurs, des institutions et des forces de l’ordre, ainsi que sur le développement d’outils de signalement des contenus préjudiciables.

L’entreprise défend par ailleurs une politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et de la maltraitance des enfants. « La sécurité en ligne est une responsabilité partagée : signaler, protéger et responsabiliser », a-t-elle rappelé. Dans cette dynamique, MTN a lancé, en partenariat avec Paramount Africa, la mini-série « Room of Safety », destinée à sensibiliser le public aux dangers du harcèlement en ligne, des contenus toxiques et aux bonnes pratiques de protection des enfants sur Internet.

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