Dans le même temps, l’Organisation Internationale à caractère régional dirigée par le camerounais Louis Banga Ntolo, a bouclé l’exercice écoulé sur un déficit de 454,5 millions de Fcfa, traduisant ainsi le décalage persistant entre la progression des revenus et le niveau des charges.
L’exercice 2025 aura été marqué par une évolution contrastée pour la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac). Si l’activité commerciale a connu une amélioration sur plusieurs indicateurs, notamment sur le compartiment actions, la situation financière de la place boursière reste préoccupante. Le chiffre d’affaires s’est inscrit en hausse, sans toutefois permettre à l’institution de renouer avec les bénéfices. Autrement dit, lors de l’exercice écoulée, l’institution dirigée par Louis Banga Ntolo a gagné en chiffre d’affaires, mais pas encore en rentabilité.
En effet, selon le rapport d’activité 2025 publié le 8 septembre 2026 sur son site internet, les revenus globaux de la Bvmac ont atteint 1,005 milliard de Fcfa, contre 955,7 millions de Fcfa un an plus tôt, soit une progression de 5,1%. Le chiffre d’affaires comptable s’établit, quant à lui, à 927,3 millions de Fcfa, contre 876 millions en 2024, enregistrant ainsi une croissance de 5,8% en un an. Cette évolution est notamment portée par les commissions de capitalisation sur l’encours de la dette, principale source de revenus, qui se sont élevées à 578,6 millions de Fcfa, en progression de 18,7%.
Cette embellie du chiffre d’affaires contraste cependant avec la dégradation du résultat. Les charges totales ont progressé beaucoup plus rapidement que les revenus, passant de 1,128 milliard à 1,333 milliard de Fcfa, soit une hausse de 18,2%. Les dépenses de fonctionnement ont notamment augmenté de 22%, à 860,6 millions de Fcfa, dans un contexte marqué entre autres par le renforcement des effectifs.
La principale conséquence est que le résultat net ressort déficitaire de 454,5 millions de Ffa, contre une perte de 372,2 millions de Fcfa en 2024. Le résultat d’exploitation s’est également détérioré, à -468,9 millions de Fcfa, tandis que l’excédent brut d’exploitation est passé de -221,5 millions à -394,5 millions de Fcfa.
Cette contre-performance intervient alors même que certains indicateurs du marché témoignent d’une reprise. Sur le compartiment actions, 23 817 titres ont été échangés en 2025, contre 15 762 un an auparavant, soit une progression de 51%. La valeur des transactions a augmenté de 18,9%, à 739,8 millions de Fcfa tandis que le nombre de transactions bondissait de 66%. La capitalisation globale du marché s’est également appréciée, atteignant 477,7 milliards de Fcfa, contre 442,6 milliards en 2024.
Cette belle dynamique a notamment été portée par la SCG-Ré, dont les échanges ont fortement progressé, contribuant à une recomposition des parts de marché sur le compartiment actions. En revanche, le compartiment obligataire a connu un ralentissement, avec une baisse de 24,2% de la valeur des transactions, à 12,8 milliards de Fcfa.
Pour la Bvmac, le principal défi reste donc de transformer la reprise de l’activité en amélioration durable de la rentabilité. Plusieurs réformes engagées en 2025, dont l’entrée en vigueur du nouveau Règlement général du marché financier et l’opération « Black December » destinée à stimuler les transactions, devraient contribuer à élargir et dynamiser le marché.
Le rapport souligne toutefois plusieurs facteurs ayant pesé sur les comptes, notamment la faiblesse persistante de l’activité sur certains compartiments, la non-réalisation du projet de DCU-Cemac et les difficultés de recouvrement de certaines créances. L’enjeu pour les prochains exercices sera désormais de consolider la croissance des revenus tout en maîtrisant l’évolution des charges.