Rentrée économique du Patronat : Le Gecam exige un arbitrage budgétaire en faveur de l’investissement dans le projet de finances 2027

À l’occasion de sa rentrée économique du 10 septembre 2026, le Groupement des Entreprises du Cameroun a critiqué la dégradation des choix budgétaires nationaux.

« Nous formulons une demande, une seule, et elle est vérifiable : que la loi de finances 2027 soit la première depuis dix ans dont les dépenses de fonctionnement progressent moins vite que les dépenses d’investissement ». Tel est le souhait du patronat camerounais. Célestin Tawamba, président du Groupement des Entreprises du Cameroun, a énoncé cette position lors de la rentrée économique du Patronat, jeudi 10 septembre 2026, au siège de l’organisation.

En analysant la trajectoire de l’économie nationale dans la perspective du budget 2027, le président du Gecam salue le dialogue entamé le mois dernier avec l’administration fiscale sous l’égide du ministre des Finances. Le secteur privé a reçu le directeur général des Impôts pour la préparation du texte budgétaire. Les créateurs de richesse apprécient cette démarche après des années de décisions gouvernementales arrêtées sans consultation préalable.

Lors de cette rencontre, les représentants du monde des affaires ont présenté plusieurs propositions. « Nous avons relevé plus de 24 propositions et sommes heureux de constater que la majorité des suggestions formulées par la Chambre depuis 2023 ont été retenues », s’était alors réjoui Christophe Eken, président de la Chambre de commerce, des mines, de l’industrie et de l’artisanat (Ccima), sans en dire davantage.

Le secteur privé attend l’intégration de ses préoccupations dans le texte final. Le constat du patronat révèle une progression des recettes fiscales supérieure à la hausse de l’investissement. En 2025, l’objectif de l’administration fiscale atteignait 3 200 milliards de Fcfa. En 2026, la cible s’élève à 3 600 milliards de Fcfa. Le patronat souligne cette progression de 12,5 %, imposée dans un contexte de croissance économique limitée à 3,5 %. De plus, les conclusions de la consultation du Fonds monétaire international publiées le 30 mars 2026 affichent des prévisions de croissance de 3,1 % en 2025 et 3,3 % en 2026, en deçà des prévisions officielles.

L’effort demandé représente une hausse de 13,2% à 13,9% du PIB. Le patronat redoute une augmentation de la fiscalité sur les entreprises du secteur formel et un recours à l’endettement. L’encours de la dette atteint 15 607 milliards de Fcfa à la fin du mois de juin 2026, soit 44,2% du PIB. Le service de la dette absorbe près de 40% des charges, tandis que l’investissement public représente 23% des masses budgétaires. Le président du Gecam alerte sur le risque d’un endettement sans retombées productives. « Car la dette reste notre principal sujet de vigilance… Dans ces conditions, comment ne pas redouter une spirale d’endettement improductif ? », s’interroge le président du Gecam.

Toutefois, les préoccupations du patronat ne portent pas seulement sur ce que le budget prélève. Elles portent sur ce qu’il finance. En 2016, le fonctionnement absorbait 65,1% du budget contre 34,9% pour l’investissement. En 2026, les proportions atteignent 79,2% pour le fonctionnement et 20,8 % pour l’investissement. En dix ans, quatorze points de pourcentage ont basculé du capital vers le train de vie de l’État. « L’entreprise paie davantage pour des services publics » qui contribuent « moins aux besoins » de la production.

À ce stade, les opérateurs économiques sont unanimes et veulent que la loi de finances 2027 soit orientée sur l’investissement. « Cet arbitrage ne suppose ni loi nouvelle, ni financement extérieur. Il suppose une décision. Un budget qui prélève davantage pour fonctionner davantage n’est pas un budget de développement. C’est un budget d’entretien », tempête Célestin Tawamba.

À la fin du mois de mars 2026, les dépenses d’investissement de l’État atteignent 45 milliards de Fcfa contre 175,5 milliards un an plus tôt. Ce recul de 74,4% fixe le taux d’exécution des crédits d’investissement à 2,2 % au terme du premier trimestre. Le patronat s’interroge sur le maintien de ressources d’emprunts inactives dans les caisses de la Caisse autonome d’amortissement face aux besoins du pays.

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