Coopération financière : Alamine Ousmane Mey échange avec une délégation du FMI

Le Cameroun abrite depuis le 17 septembre 2026, une mission de l’institution financière internationale dans le cadre des consultations régulières qu’elle mène avec ses États membres, au titre de l’article IV de ses statuts, qui s’achève à la fin de ce mois.

Le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) font le point sur la situation macroéconomique et les perspectives de croissance du pays. Une équipe conduite par Christine Dieterich, cheffe de mission du FMI pour le Cameroun, a rencontré, le 17 septembre 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, en vue d’évaluer la situation macroéconomique du Cameroun, la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), ainsi que les leviers à mobiliser pour accélérer la croissance et renforcer l’efficacité de l’investissement public.

Dans son intervention, le patron de l’économie camerounaise a relevé que l’économie du a fait preuve de résilience dans un environnement international marqué par la succession de chocs exogènes et les tensions géopolitiques. Cette résilience s’est notamment traduite par une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 3,5% en 2025, dans un contexte de décrue progressive de l’inflation. Le déficit budgétaire a, pour sa part, été contenu autour de 2 % à fin décembre 2025, tandis que la dette publique s’est établie à 44%, inférieure au seuil stratégique de 50 % et au taux communautaire de 70%.

Sur le plan extérieur, si le déficit de la balance commerciale est resté stable, sa composition structurelle s’est améliorée. Les échanges ont notamment permis de relever une progression des importations d’équipements et une diversification des exportations hors pétrole. Cette dynamique intervient alors que le secteur extractif connaît une contraction depuis plusieurs années, renforçant la nécessité de consolider les contributions des secteurs secondaire et tertiaire à la croissance. Par ailleurs, le ministre a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la résilience pour accélérer la transformation structurelle de l’économie camerounaise. « La résilience n’est pas un objectif en soi, c’est un point de départ », a martelé Alamine Ousmane Mey.

En retour, la cheffe de mission du FMI a salué la convergence de vues entre son institution et les autorités camerounaises sur les principaux enjeux de politique économique. Christine Dieterich a également souligné le contexte économique international marqué par des contraintes croissantes d’accès aux financements. Pour la responsable de l’institution de Bretton Woods, la préservation de la stabilité macroéconomique doit s’accompagner d’une amélioration de l’efficacité de la dépense d’investissement. Le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, notamment fiscales et douanières, apparaît comme un levier essentiel pour élargir l’espace budgétaire. Cette mobilisation doit notamment permettre de soutenir le financement des infrastructures prioritaires, particulièrement dans les secteurs de l’électricité et des transports, ainsi que des services sociaux de base, afin de favoriser une croissance plus forte, créatrice d’emplois et susceptible de réduire la pauvreté et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Prévue pour une durée de deux semaines, cette mission permettra aux experts du FMI d’approfondir leur appréciation de la situation économique et financière du Cameroun. À cet effet, la mission prévoit des séances de travail avec les principales administrations camerounaises, afin d’établir, à terme, une analyse actualisée de la situation macroéconomique et budgétaire, d’identifier les principaux risques et vulnérabilités auxquels l’économie pourrait être exposée et d’examiner les perspectives économiques du pays à court et moyen terme.

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