Coopération internationale : Les enjeux des Assemblées annuelles FMI-Banque mondiale pour l’Afrique 

Les Assemblées prévues du 12 au 18 octobre 2026 à Bangkok réuniront les ministres des Finances de divers pays, les gouverneurs de banques centrales, les investisseurs ainsi que les acteurs du développement autour de diverses problématiques économiques et financières. 

Du 12 au 18 octobre 2026, la ville de Bangkok en Thaïlande va devenir la capitale mondiale de la finance du développement. Les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui vont s’y tenir réuniront les ministres des Finances issus des quatre coins du globe planétaire, les gouverneurs de banques centrales, les investisseurs ainsi que les acteurs du développement autour des problématiques liées au financement de la croissance, la création des emplois et la réduction de la pauvreté dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, l’endettement et les mutations technologiques.

Pour l’Afrique, cette rencontre intervient à un moment paradoxal. Le continent affiche en effet une résilience certaine, avec une croissance attendue à 4,3% en 2026 dans sa partie subsaharienne, selon les dernières projections de la Banque mondiale. Mais cette progression reste insuffisante pour produire une amélioration significative du revenu par habitant et accélérer la réduction de la pauvreté. Dans le même temps, près de la moitié des pays africains demeurent confrontés à des difficultés liées au service de leur dette.

Le premier enjeu des assisses de Bangkok consistera donc à mettre en place des initiatives visant à mobiliser davantage de capitaux privés vers les économies africaines. Puisque les ressources publiques des États et l’aide traditionnelle ne suffisent plus à couvrir les besoins d’infrastructures, d’énergie, de santé, d’éducation ou de transformation industrielle en Afrique. Il sera ainsi question pour la Banque mondiale, de mettre l’accent sur les mécanismes capables de réduire le risque perçu par les investisseurs et de faire levier sur les financements privés. Pour les économies africaines, cette approche est déterminante. 

Le deuxième grand sujet que la Banque mondiale défendra dans la capitale thaïlandaise porte sur le développement et l’adoption de l’Intelligence artificielle. Le but est de promouvoir le concept de « Small AI », c’est-à-dire des applications peu coûteuses et adaptées aux réalités des pays en développement. En effet, dans des domaines comme l’agriculture, l’éducation, les services publics, l’entrepreneuriat ou encore la comptabilité des petites entreprises, l’IA peut améliorer la productivité sans nécessiter les infrastructures technologiques des grandes puissances.

Pour l’Afrique, le véritable enjeu est donc d’éviter une nouvelle fracture technologique. Il est clair que le continent ne pourra probablement pas rivaliser dans l’immédiat avec les investissements massifs réalisés dans les économies avancées. Mais il peut utiliser l’IA pour résoudre certains de ses propres problèmes rencontrés dans les domaines précédemment évoqués. Encore faut-il investir dans l’électricité, la connectivité, les compétences et les données.

Enfin, la lutte contre la pauvreté va ramener les assises de Bangkok à une question fondamentale : à quoi sert la croissance si elle ne se transforme pas en emplois et en revenus ? Le FMI lui-même alerte sur les risques liés à l’endettement et aux déséquilibres mondiaux, tandis que la Banque mondiale souligne le décalage persistant entre croissance économique et amélioration des conditions de vie.

En somme, l’Afrique a intérêt à faire entendre une voix forte à ces prochaines Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Car le continent ne doit pas seulement solliciter davantage de financements, mais défendre les conditions d’un financement réellement transformateur qui solderait par une dette soutenable, des investissements productifs, la modernisation des infrastructures, le développement industriel, la création d’emplois et e transfert de technologies.

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