La poursuite de l’intégration monétaire en Afrique, l’urgence de la prise en compte des risques climatiques dans les politiques monétaires et l’accent sur les outils de financement durable en sont les principales.
La 47ème Assemblée annuelle de l’Association des Banques centrales africaines (Abca), tenue du 23 au 28 novembre 2025 à Yaoundé et réunissant 40 gouverneurs, a formulé trois recommandations majeures face à la montée des risques climatiques qui menacent la stabilité macroéconomique du continent. Alors que l’Union africaine (UA) estime les dégâts climatiques futurs à 38.000 milliards de dollars par an d’ici 2050 et que les pertes actuelles représentent déjà jusqu’à 5% du PIB réel de certains pays, les banques centrales africaines entendent renforcer leur rôle dans la prévention des chocs.
La prise en compte des risques climatiques dans les politiques monétaires
Les banques centrales devront intégrer systématiquement les risques climatiques dans leurs évaluations économiques et financières. Tests de résistance, analyses de scénarios et modèles adaptés deviennent indispensables. Les chocs climatiques provoquent en effet des perturbations d’approvisionnement, une inflation durable et fragilisent les institutions financières exposées aux événements extrêmes et à la transition bas carbone.
La promotion de la finance verte
La régulation financière devra désormais encourager les outils de financement durable : obligations vertes, refinancement concessionnel et cadres réglementaires adaptés. L’objectif est d’orienter davantage de capitaux vers les énergies renouvelables et les infrastructures résilientes. L’écart de financement reste immense : l’Afrique ne reçoit que 30 milliards de dollars par an pour l’adaptation, alors que ses besoins sont estimés à 277 milliards.
La nécessaire coordination des politiques
La réussite de ces orientations repose sur une coordination renforcée entre politiques monétaires, fiscales et environnementales, alignées sur l’Agenda 2063 et la stratégie climatique de l’UA. Le nouveau président de l’Abca, Yvon Sana Bangui, annonce la priorisation de l’Institut monétaire africain, chargé de préparer la future Banque centrale africaine et l’Union monétaire continentale. Cette architecture financière, incluant également le Fonds monétaire africain et un système panafricain de paiement, vise à favoriser l’intégration et à renforcer la résilience du continent face aux chocs environnementaux.