Association des banques centrales africaines : La feuille de route du nouveau président Yvon Sana Bangui

Porté le 28 novembre 2025 par ses pairs pour présider aux destinées de cette association, le Gouverneur de la Beac entend œuvrer à la mise en place de l’Institut monétaire africain.

Réunies du 23 au 28 novembre 2025 lors de leurs assemblées annuelles, 40 des 41 gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (Abca) présents à Yaoundé, ont désigné Yvon Sana Bangui, le Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), à la présidence de cette association pour un mandat d’un an (2025-2026). Au cours d’un point de presse du 28 novembre, ce dernier a présenté sa feuille de route qui se décline en un seul projet phare : La concrétisation dès l’année prochaine, de l’Institut monétaire africain (IMA).

Faisant partie intégrante de l’agenda de l’Union africaine (UA), l’Institut monétaire africain, s’il venait à être opérationnalisé, serait l’une des réformes économiques et financières majeures du continent. Il ouvrira ainsi la voie à la future Banque centrale africaine (BCA) en création. Raison pour laquelle, ses missions se résument à la convergence macroéconomique entre les pays africains, la préparation de l’avènement d’une monnaie unique par le biais de la définition des cadres juridiques et techniques nécessaires, ainsi que le renforcement de la coopération entre les différentes banques centrales du continent. Selon les experts, au-delà de sa dimension technique, l’IMA porte une vision : « celle d’une Afrique capable de maîtriser son destin monétaire, de réduire sa dépendance aux monnaies extérieures et de promouvoir une croissance inclusive et durable », indique-t-on.

Les enjeux de l’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain

D’autre part, l’Institut monétaire africain est perçu comme la matérialisation de la volonté des États membres de l’UA de bâtir une architecture monétaire commune, garante de stabilité et de souveraineté. C’est un levier essentiel dans la coordination des politiques monétaires et macroéconomiques tant voulue par les 40 gouverneurs des banques centrales africaines, ainsi que les experts présents aux travaux. Il est question de les aligner avec la Stratégie de l’UA sur le développement telle qu’envisagée dans l’Agenda 2063, dans la perspective d’une transformation industrielle verte dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).  

Par ailleurs, au-delà de mener des études économiques, statistiques et surveiller les critères de convergences macroéconomiques en vue de la création de la Banque centrale africaine, l’IMA vise surtout la création d’une Union monétaire continental. En effet, l’UA envisage une nouvelle architecture financière africaine incluant la Banque centrale africaine, le Fonds monétaire africain et le système panafricain de paiement et de règlement avec la résilience climatique au cœur de son projet de développement. Ces institutions doivent promouvoir l’intégration, la stabilité et protéger les économies africaines contre les chocs environnementaux et climatiques.

Yvon Sana Bangui : un engagement pour l’intégration financière africaine

C’est un autre défi que devra relever le nouveau président en exercice de l’Abca, ajouté aux réformes qu’il a déjà impulsées au niveau de la Beac depuis sa prise de fonction comme gouverneur à la fin du premier trimestre 2024. Son élection à la tête de cette association est le témoignage éloquent de la confiance de ses pairs, au vu de son engagement en faveur de la coopération monétaire et financière avec plusieurs banques centrales du continent. Depuis son arrivée à la tête de la banque centrale, le Centrafricain a déjà signé plusieurs accords de coopération, notamment avec la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), les banques centrales des Comores et de Madagascar. Il est annoncé dans les prochains mois, la signature d’autres conventions de coopération avec les banques centrales d’Égypte, du Rwanda, de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Île Maurice, pour ne citer que celles-là.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *