Carte rose Cemac : Plus de 2,6 milliards Fcfa pour le siège du Bureau national au Cameroun

Le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a procédé mercredi 3 décembre 2025 à l’inauguration de ce nouveau bâtiment devant abriter.

Le siège du Bureau national de la Carte rose Cemac (Bncr) est désormais opérationnel. Fruit d’une action concertée entre les acteurs du secteur des assurances et la tutelle, le nouvel édifice dont le coût de réalisation est estimé à 2.608.937.912 Fcfa, a été inauguré le 3 décembre dernier à Douala. Pour le ministre camerounais des Finances, il s’agit d’un acte de souveraineté, de stabilité et d’intégration régionale, conformément à la vision des chefs d’État de la sous-région pour une Afrique centrale forte, intégrée et prospère. « Dans les situations de détresse que traversent les victimes de sinistres impliquant des conducteurs étrangers, ce lieu doit être le premier recours, l’endroit où l’État se matérialise, où la justice administrative prend forme, où la solidarité communautaire se concrétise. Dans ce siège, le temps administratif ne doit pas être celui de la résignation, mais celui de la diligence, de la dignité et du respect des engagements assurantiels », a déclaré Louis Paul Motaze lors de la cérémonie d’inauguration.

Pour le membre du gouvernement, cet immeuble n’est pas une simple infrastructure de prestige. Il est appelé à devenir un centre de confiance, un refuge institutionnel pour les victimes, une plateforme opérationnelle pour les partenaires et un instrument d’intégration sous-régionale. Car sur les 2.608.937.912 Fcfa mobilisés, 892.574.329 Fcfa proviennent des sociétés d’assurances non-vie. Le reste, soit 1.716.363.583 Fcfa, a été financé sur fonds propres de la Carte rose, conformément aux orientations de l’Assemblée générale présidée par la tutelle.

Lors de l’inauguration, le ministre a rappelé le rôle fondamental de la Carte rose Cemac.
« La Carte rose n’est pas un simple instrument de gestion assurantielle. Elle est l’expression juridique de la volonté politique des Chefs d’État de la Cemac, matérialisée le 1ᵉʳ juillet 1996, afin de garantir la libre circulation des personnes et des biens. Grâce à elle, un automobiliste assuré dans son pays d’attache circule dans l’ensemble des six États membres sans devoir contracter une assurance dans chaque territoire traversé. Une seule attestation couvre l’espace communautaire. Pour assurer la fluidité de ce dispositif, chaque État a institué un Bureau national, interlocuteur unique des victimes, des assurés et des compagnies étrangères », a indiqué Louis Paul Motazé.

Dans son allocution, Pierre Didier Ngoumou, Secrétaire permanent du Bncr-Cemac, est revenu sur l’importance de la Carte rose. « Le système de la Carte rose vise l’accélération de la prise en charge des accidents transfrontaliers et un paiement rapide par la compagnie civilement responsable. Le Bureau national n’est pas une compagnie d’assurance : il est un acteur public facilitateur pour les gestionnaires », a-t-il précisé.

En rappel, la Carte rose Cemac repose sur l’Accord adopté le 1ᵉʳ juillet 1996 par la Conférence des ministres de la Cemac, instituant une carte internationale d’assurance de responsabilité civile automobile. Les États membres reconnaissent cette carte comme équivalente à l’assurance automobile obligatoire dans chacun des six pays, étendant ainsi la garantie nationale à tout l’espace communautaire. Les voyageurs, qu’ils soient professionnels ou occasionnels, n’ont donc pas besoin de souscrire une assurance supplémentaire lorsqu’ils traversent les frontières de la Cemac.

 

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