Alimentation: Le plaidoyer de la FAO pour améliorer les cantines scolaires au Cameroun

Selon l’organisation onusienne, les programmes de cantines scolaires améliorent la concentration, la mémorisation, la présence en classe et la stabilité émotionnelle des enfants.

Pour un Cameroun où aucun enfant n’apprend le ventre vide, il est plus qu’urgent d’investir dans l’alimentation scolaire. Tel est le plaidoyer de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à l’endroit du Gouvernement camerounais. 

Dans une publication reçue par LFA, le 26 février 2026, Cécile Patricia Ngo Sak, spécialiste en nutrition à la FAO Cameroun, souligne l’importance des cantines scolaires comme levier majeur pour améliorer la concentration, la réussite éducative et la santé des enfants, tout en soutenant l’économie locale et les petits producteurs. L’auteure révèle que seuls 2,8% des élèves du primaire bénéficient aujourd’hui d’un repas chaud et gratuit dans les écoles camerounaises. Une couverture insignifiante au regard des besoins réels dans un contexte où les indicateurs de la malnutrition sont alarmants. L’enquête démographique et de santé de 2018, situait le retard de croissance de l’ordre de 29%, l’obésité infantile à 11% et l’anémie à 57% chez les enfants de moins de cinq ans, sans oublier les crises climatiques, sécuritaires et économiques qui fragilisent les ménages.

Le Cameroun s’est engagé à travers la Stratégie nationale d’alimentation scolaire, à faire des cantines scolaires un moteur de l’économie rurale, en les reliant directement à la production locale. « Ce modèle innovant soutient les petits producteurs, diversifie les marchés agricoles et renforce la résilience des communautés face à l’inflation alimentaire. Ainsi, la cantine n’est plus seulement un lieu de restauration », explique la spécialiste onusienne.

En 2025, la FAO a soutenu le déploiement d’un modèle intégré dans les régions de l’Est et du Sud Cameroun. Grâce au projet « Promotion d’une production innovante, ludique et éducative pour une alimentation saine et nutritive en milieu scolaire », 18 jardins scolaires ont été installés, produisant 236 859 kg de légumes, 70 000 œufs et 1 275 kg de poissons. Ces productions locales ont permis d’offrir chaque semaine un repas sain à 10 833 élèves, tout en formant les enfants, les enseignants et les communautés aux techniques agricoles durables, à l’hygiène et à la nutrition. 

Faire de l’alimentation scolaire un pilier du développement exige une mobilisation de tous : État, collectivités territoriales décentralisées, partenaires techniques et financiers, secteur privé, organisations communautaires, agriculteurs et restauratrices locales. Le Cameroun dispose des ressources, des savoir-faire et de nombreux exemples locaux de réussite en matière d’alimentation scolaire. Ce qui fait encore défaut, c’est l’opérationnalisation pleine et entière de la volonté politique visant à généraliser des cantines scolaires locales, durables et nutritives.

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