A travers ce financement, le pays entend mobiliser des ressources longues pour soutenir ses priorités budgétaires et accélérer la mise en œuvre de projets structurants.
Le Gabon retourne sur le marché financier régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) avec un nouvel emprunt obligataire baptisé « EOG 2026 à tranches multiples ». À travers cette opération de 85 milliards de Fcfa, l’État entend mobiliser des ressources longues pour soutenir ses priorités budgétaires et accélérer la mise en œuvre de projets structurants.
Structuré en deux tranches – 3 ans à 6% net et 4 ans à 6,5% net – l’emprunt vise à séduire un large éventail d’investisseurs institutionnels et particuliers de la sous-région. L’opération est arrangée par Emrald Securities Services Bourse SA, avec l’appui de CCA Bourse, sous la régulation de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Elle s’inscrit dans la stratégie de diversification des sources de financement du Gabon, au-delà des appuis traditionnels des partenaires multilatéraux.
Les principaux axes d’utilisation des fonds devraient s’articuler autour de quatre priorités. Il y a tout d’abord, le financement des infrastructures économiques. Ici, le gouvernement ambitionne de renforcer le réseau routier, d’améliorer les infrastructures portuaires et de soutenir les projets énergétiques, notamment dans l’électricité et l’eau potable.
Il y a ensuite le soutien aux services sociaux de base, avec l’orientation d’une partie des ressources vers la modernisation des hôpitaux, la réhabilitation d’établissements scolaires et l’amélioration des plateaux techniques.
Le troisième axe porte sur l’appui à la diversification économique. Le Gabon cherche ainsi à réduire sa dépendance aux hydrocarbures en développant l’agriculture, la transformation du bois et les industries locales.
Enfin, une part de l’emprunt pourrait servir à la gestion active de la dette publique, notamment par le refinancement de dettes plus coûteuses. Cette approche permettrait d’allonger la maturité moyenne du portefeuille et de réduire la pression sur la trésorerie à court terme.