C’était au cours d’un séminaire organisé le 2 mars 2026 à Douala par l’entreprise dans le cadre des activités marquant la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.
« Femme et facilitation du commerce : faciliter l’accès au financement et aux réseaux pour renforcer l’autonomisation économique ». C’est le thème du séminaire organisé le 2 mars 2026 au siège du Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc) à Douala. La rencontre a réuni une cinquantaine de femmes venues échanger sur les opportunités pouvant soutenir le développement de leurs projets.
Ce séminaire visait à accompagner les femmes entrepreneures à travers l’appui des administrations publiques, des institutions bancaires et des associations, notamment le GIC-Apeja et le Cameroon Women Entrepreneurs Network (Cwen).
Au cours des échanges, Natacha Corinne Noungoua, chef service de l’analyse économique et de la cartographie au Cncc, a présenté la transformation institutionnelle de l’organisme. Elle a également sensibilisé les participantes à l’importance de prendre part aux foires commerciales et les a informées sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Il faut rappeler que le financement demeure le talon d’Achille de nombreuses femmes entrepreneures en Afrique, et particulièrement au Cameroun. Selon les organisations internationales, près de 65 % des femmes en Afrique subsaharienne sont exclues des systèmes financiers formels.
Le besoin de financement des femmes sur le continent reste critique, avec un déficit estimé à 42 milliards de dollars (23 763 milliards de Fcfa), freinant l’entrepreneuriat féminin malgré un taux parmi les plus élevés au monde, autour de 24%. Bien que 39 % des PME au Cameroun soient dirigées par des femmes, l’accès limité au crédit, les garanties exigées et l’informalité entravent leur croissance, notamment dans l’agriculture.
Selon le rapport 2016-2017 du Global Entrepreneurship Monitor, le taux d’entrepreneuriat féminin en Afrique subsaharienne atteint 25,9% de la population féminine adulte, soit environ une femme sur quatre qui lance ou gère une entreprise.
Les femmes réinvestissent jusqu’à 90% de leurs revenus dans l’éducation, la santé et l’alimentation de leur famille et de leur communauté, contre 40% au maximum pour les hommes. Autrement dit, investir dans les entreprises détenues ou gérées par des femmes peut transformer les sociétés.
Lors des échanges à Douala, Cyrema Tchachue, promotrice d’une PME, a partagé son expérience et expliqué les raisons d’investir chez les femmes. Selon elle, cet investissement stimule la croissance économique, réduit la pauvreté et favorise le développement durable. En tant qu’actrices clés, elles réinvestissent souvent dans la santé et l’éducation de leur famille, créant ainsi un effet multiplicateur. Leur autonomisation favorise également l’égalité, l’innovation et la résilience économique.
De l’avis des organisations internationales, combler les inégalités de genre dans le travail et l’agriculture pourrait augmenter le PIB mondial de 1% et réduire l’insécurité alimentaire. Les femmes dirigent d’ailleurs plus de 50% des PME dans plusieurs régions africaines.