Lancés lors d’un atelier le 3 mars 2026 dans la région du Nord, en présence du Chef de la délégation de l’Ambassade d’Allemagne, les projets « Reseau » et « Soil Matters » visent à soutenir la gestion durable des ressources en eau et des terres agricoles face aux effets du changement climatique.
Les acteurs du développement rural se sont retrouvés le 3 mars dernier dans la ville de Garoua, pour marquer le lancement officiel de deux nouveaux projets destinés à renforcer la résilience climatique et la santé des sols. Portées par la Coopération allemande à travers la GIZ, ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie visant à répondre aux défis croissants qui pèsent sur les systèmes agropastoraux de la région.
En effet, dans cette partie du pays réputée aride, la variabilité climatique, la pression démographique et l’intensification des activités agricoles et pastorales fragilisent les équilibres naturels. Et de ce fait, la dégradation des terres, la baisse de la fertilité des sols et la raréfaction des ressources en eau, affectent déjà les rendements agricoles et les moyens de subsistance des populations rurales.
C’est dans ce contexte et afin de lutter contre les changements climatiques, que la Coopération allemande, à la demande du Gouvernement camerounais, a lancé deux nouveaux projets dans le chef-lieu de la région du Nord. Le premier baptisé « Renforcement de la résilience climatique de l’agriculture camerounaise par rapport aux ressources en eau et en sol » (Reseau), va « permettre aux décideurs d’intégrer des recommandations fondées sur des modèles scientifiques dans les processus d’aménagement du territoire de la région du Nord », apprend-on. Financé à hauteur de 3 millions d’euros (1,7 milliard de Fcfa) par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, et mis en œuvre entre 2025 et 2028, il a pour objectif « d’améliorer durablement la protection des sols et des ressources en eau dans un contexte de changement climatique ». Le projet Réseau s’appuie notamment sur une coopération renforcée entre l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) et l’Institut de echerches géologiques et minières (Irgm), deux institutions clés qui disposent d’importantes bases de données sur les sols et les ressources hydriques du Nord Cameroun.
Le second projet dénommé, Soil Matters–Innovations pour la santé des sols et l’agroécologie, vient compléter cette approche en s’attaquant directement aux pratiques agricoles. Placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, il vise à développer et à diffuser des solutions éprouvées pour restaurer la fertilité des sols et limiter l’érosion. D’une durée de 34 mois et doté d’un budget d’un million d’euros (656 millions de Fcfa) financé conjointement par l’Allemagne et l’Union européenne, Soil Matters–Innovations pour la santé des sols et l’agroécologie prévoit « le renforcement des capacités techniques des acteurs agricoles, l’amélioration du cadre institutionnel pour l’agroécologie et l’intégration des innovations dans les politiques publiques ». Il a pour objectif d’encourager des pratiques agricoles plus durables, conciliant productivité et préservation des ressources naturelles.