Dans le cadre de son programme continental « Read Africa », la filiale camerounaise de United Bank for Africa a procédé, le 19 mars 2026, à une importante remise de dons d’ouvrages au Collège Alfred Saker de Douala.
Le secteur bancaire camerounais ne se limite plus à la simple intermédiation financière. Sous l’impulsion des enjeux de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), les institutions bancaires s’invitent désormais dans les salles de classe. C’est le sens de l’action menée récemment par UBA Cameroon au sein du mythique Collège Alfred Saker, l’un des fleurons de l’enseignement à Douala.
500 livres pour contrer l’hégémonie des écrans
Menée par Mahama Moustapha Biondokin, directeur régional Littoral 1 de UBA Cameroon, une délégation de la banque panafricaine a doté la bibliothèque de l’établissement de 500 ouvrages de littérature anglaise. Ce geste ne se veut pas seulement symbolique. Pour le top management de la banque, il s’agit d’une réponse concrète au déclin de la lecture chez les jeunes, exacerbé par l’omniprésence des réseaux sociaux.
« On a constaté qu’avec les réseaux sociaux, les gens ne s’investissent plus dans la lecture. Les gens pensent que tout doit être fait dans le téléphone », a martelé Mahama Moustapha lors de la cérémonie. Si la numérisation est un levier de croissance, UBA rappelle que la structure cognitive et la discipline intellectuelle qu’offre le livre physique demeurent irremplaçables pour les futurs cadres en entreprise.
Le choix exclusif d’ouvrages en langue anglaise n’est pas fortuit. Dans un contexte de mondialisation où l’anglais domine les échanges commerciaux, UBA Cameroon mise sur le bilinguisme fonctionnel. Bien que le Cameroun jouisse d’un statut bilingue officiel, la maîtrise effective de l’anglais reste un défi dans les zones francophones. En encourageant la lecture dans la langue de Shakespeare, la banque prépare le terrain pour une main-d’œuvre locale plus compétitive sur le marché de l’emploi international.
Pour Esther Dorcas Njoh Eteki, principale du Collège Alfred Saker, ce don est une bouffée d’oxygène. « Cela va participer à faire croître la fréquentation de la bibliothèque et à redécouvrir l’acte de lire (…) tout en développant leurs compétences d’écoute, d’écriture, d’imagination et de créativité », s’est-elle réjouie.
« Read Africa » : la vision de la UBA Foundation
Cette opération s’inscrit dans la stratégie globale de la UBA Foundation à travers son projet phare « Read Africa ». Lancé en 2011, ce programme a déjà permis la distribution de plus de 20 000 livres dans une dizaine d’établissements à travers les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest ou encore du Grand Nord.
Comme le souligne Fointama Beizia, Head corporate communication chez UBA Cameroon, l’érosion de la passion pour les livres informatifs est un problème systémique que la fondation souhaite corriger à l’échelle du continent. En investissant dans l’éducation, UBA ne fait pas que de la philanthropie ; elle sécurise le « capital humain » de demain. Car, comme l’a rappelé le directeur régional, ces élèves sont les futurs dirigeants qui devront piloter l’économie africaine de demain.
À travers ce don, UBA Cameroon réaffirme son positionnement de « banque citoyenne », prouvant que la performance financière d’un groupe peut et doit marcher de pair avec le progrès social.