Nommée le 22 mai 2026, Edith Laure Mbiguidi devra renforcer la mobilisation des recettes internes et poursuivre la modernisation de l’administration fiscale gabonaise.
Edith Laure Mbiguidi, née Oyaya, est la première femme à accéder au poste de Directeur général (DG) des Impôts au Gabon depuis la création de cette administration en 2002, à la faveur d’une réforme ayant fusionné plusieurs structures fiscales, domaniales et foncières auparavant distinctes. Nommée lors du Conseil des ministres du 22 mai dernier, elle succède à Eric Boumah dans un contexte marqué par une forte pression sur les recettes de l’État et des perspectives économiques moins favorables qu’anticipé.
Cette nomination intervient alors que le gouvernement gabonais tente de réajuster ses équilibres budgétaires face à la baisse attendue des ressources publiques. Le Projet de loi de finances rectificative (Plfr) 2026 prévoit des recettes budgétaires nettes de 2 928,2 milliards de Fcfa, contre 3 808 milliards initialement projetés, soit un manque à gagner de près de 880 milliards de Fcfa. Une situation qui place la mobilisation des recettes non pétrolières au cœur des priorités des autorités.
Au-delà de la portée symbolique de cette nomination historique, les défis qui l’attendent sont considérables. La nouvelle patronne des Impôts devra accroître le rendement fiscal dans un environnement économique fragilisé par le ralentissement de certaines activités productives. Les filières du caoutchouc et du bois, notamment, enregistrent d’importants replis de production, réduisant mécaniquement les bases imposables et les perspectives de recettes.
Elle devra également poursuivre les efforts de modernisation engagés ces dernières années. L’amélioration du recouvrement, la digitalisation des procédures, la lutte contre la fraude et l’élargissement de l’assiette fiscale figurent parmi les principaux chantiers de son mandat. Dans un contexte de négociations avec les partenaires financiers internationaux et de recherche de nouvelles marges budgétaires, la capacité de l’administration fiscale à mobiliser davantage de ressources internes sera particulièrement scrutée.
Et donc pour Edith Laure Mbiguidi, l’enjeu dépasse la seule gestion administrative. Sa mission consistera à renforcer la contribution de l’impôt au financement des politiques publiques tout en préservant l’activité économique.
Un profil issu du sérail fiscal
Pour relever ces défis, l’exécutif a choisi un profil issu du sérail. Juriste de formation, Edith Laure Mbiguidi est titulaire d’une maîtrise en droit public obtenue à l’Université Omar Bongo de Libreville. Elle a également été formée à l’École nationale des impôts de Clermont-Ferrand, en France, une référence pour les cadres fiscaux de l’espace francophone. Depuis plus de 25 ans, elle a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de l’administration fiscale gabonaise.
Elle débute à la Direction provinciale des Impôts de l’Estuaire, où elle se spécialise dans la fiscalité des personnes physiques puis des entreprises. Au fil des années, elle gravit les échelons jusqu’à devenir Directrice provinciale adjointe des Impôts de l’Estuaire en 2010. Pendant une décennie, elle participe notamment au suivi des centres des impôts, à la fiscalisation du secteur informel ainsi qu’aux travaux liés à la fiscalité foncière et immobilière. Son parcours est également marqué par son implication dans la formation des agents fiscalistes.