Gouvernance économique : Le Gabon relance le Haut conseil pour l’investissement

Huit ans après sa dernière session, cette instance a repris ses travaux le 4 juin 2026 à Libreville, avec pour mission centrale de mobiliser le secteur privé dans le financement du Plan national de croissance 2026-2030.

Le Gabon remet en marche l’un de ses principaux cadres de concertation économique. Huit ans après sa dernière session, le Haut conseil pour l’investissement (HCI) a officiellement relancé ses activités le 4 juin 2026 à Libreville, sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. L’ouverture des travaux, présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, marque une nouvelle étape dans la stratégie de redynamisation du climat des affaires.

En effet, dans un contexte de transformation économique, les autorités locales misent sur un dialogue renforcé avec le secteur privé pour soutenir les ambitions du Plan national de croissance et de développement (Pncd) 2026-2030. « Le temps est venu de traduire les engagements en résultats concrets, visibles et mesurables », a déclaré Hermann Immongault, soulignant la volonté de rompre avec les approches déclaratives du passé.

Cette relance intervient à un moment où le Gabon affiche des besoins de financement particulièrement élevés. Selon les projections gouvernementales, près de 27.000 milliards de Fcfa devront être mobilisés sur la période du plan, dont environ deux tiers attendus du secteur privé. Pour le ministre de l’Économie, Thierry Minko, cette orientation est claire : « La transformation structurelle de notre économie passe par un partenariat solide, durable et équilibré avec les investisseurs ».

Un rôle de catalyseur dans le dispositif économique

Au cœur du dispositif, le HCI est appelé à jouer un rôle de catalyseur. L’instance devra identifier les freins à l’investissement, proposer des réformes et améliorer la lisibilité du cadre réglementaire. L’enjeu est aussi de restaurer la confiance des opérateurs économiques, dans un environnement longtemps marqué par des lourdeurs administratives et des contraintes structurelles.

Pour le gouvernement, plusieurs leviers sont déjà identifiés : simplification des procédures, amélioration de la compétitivité, renforcement de la transparence et modernisation de l’administration économique. « Il ne s’agit plus seulement de réformer, mais d’exécuter avec rigueur et suivi », a insisté un responsable du ministère de l’Économie impliqué dans les travaux.

Du côté du secteur privé, la relance du HCI est globalement bien accueillie. Tout en indiquant que « ces signaux sont encourageants pour les investisseurs », le président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), Alain-Claude Kouakoua, a appelé à la mise en place « des mesures concrètes et rapides pour améliorer le quotidien des entreprises ».

Les travaux du HCI se poursuivent jusqu’au 15 juin, avec des groupes thématiques consacrés aux réformes prioritaires, devront produire une feuille de route commune à l’issue des discussions. L’objectif étant d’ancrer durablement le dialogue public-privé dans la gouvernance économique du pays.

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