Intégration monétaire : La Cedeao relance le chantier de la monnaie unique Eco

Cette ambition a été réaffirmée à l’occasion du 69e sommet ordinaire, des chefs d’État et de gouvernement de cette instance communautaire tenu le 19 juillet 2026 en Sierra Leone.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) vient de franchir un cap décisif dans son processus d’intégration monétaire. Réunis le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, à l’occasion de leur 69e sommet ordinaire, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur engagement en faveur du lancement de la monnaie unique régionale, l’Eco, dès 2027. Ils ont surtout opté pour une approche pragmatique en décidant que cette nouvelle devise sera introduite dans un premier temps par les seuls pays satisfaisant aux critères de convergence macroéconomique, les autres étant appelés à rejoindre progressivement l’union monétaire.

Cette décision constitue sans doute l’annonce économique majeure du sommet. En effet, depuis plus de trente ans, le projet d’une monnaie commune est régulièrement reporté en raison des difficultés rencontrées par les États membres à respecter les exigences de convergence, notamment en matière d’inflation, de déficit budgétaire, de dette publique et de réserves de change. En privilégiant désormais une mise en œuvre progressive plutôt qu’un lancement simultané des quinze économies de la Communauté, les dirigeants ouest-africains entendent sortir de l’impasse tout en préservant l’ambition d’une intégration monétaire régionale.

Le sommet a également chargé la Commission de la Cedeao et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest d’intensifier les concertations avec les gouverneurs des banques centrales afin de lever les derniers obstacles techniques et institutionnels avant l’échéance de 2027. Dans le même temps, une Task Force présidentielle sera réunie avant la fin de l’année afin d’examiner les propositions relatives aux questions encore en suspens.

Autre signal fort, les chefs d’État ont salué l’enregistrement officiel de la marque « Eco » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) et demandé que cette protection soit étendue aux autres organismes régionaux et internationaux compétents. Une démarche qui traduit la volonté de sécuriser juridiquement l’identité de la future monnaie tout en accélérant les préparatifs de son lancement.

Au-delà de sa portée symbolique, l’Eco est présenté comme un levier de transformation économique. Une monnaie commune devrait contribuer à réduire les coûts de transaction, éliminer les risques de change entre les États membres, fluidifier les échanges commerciaux et renforcer l’attractivité de la région pour les investisseurs. Dans un espace de plus de 450 millions d’habitants, elle offrirait également un marché financier plus intégré et une meilleure coordination des politiques macroéconomiques.

Le contexte apparaît d’ailleurs plus favorable qu’au cours des précédentes tentatives. Selon le communiqué final, les économies de la Cedeao ont fait preuve de résilience en 2025, avec un ralentissement de l’inflation, une baisse du ratio dette publique/PIB et une amélioration du solde extérieur, malgré des contraintes budgétaires persistantes.

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