L’expert camerounais démontre que le bien-être des collaborateurs est un levier de productivité et non un coût, offrant des outils opérationnels pour transformer la culture organisationnelle.
Lors de la présentation de son Livre « La pyramide du bien-être au travail » le 16 juillet dernier à Douala, l’auteur a ouvert son propos par un récit percutant : Celui d’une employée trentenaire, à la tête d’une structure générant jusqu’à 3 milliards Fcfa de rentabilité nette, qui s’est effondrée en plein conseil d’administration. « Désormais en chaise roulante, elle avait ignoré de nombreux signaux d’alerte : arrêts maladie répétés et réunions écourtées », énonce Raphaël Tchomnou Ngantchop.
Cette tragédie fait écho au parcours de ce dernier. Ancien cadre dans des organisations internationales à Douala, habitué aux journées s’achevant au milieu de la nuit, l’auteur a frôlé le pire le 5 mars 2004 en subissant une opération du cœur en urgence à Paris. « Ceci me pousse à m’interroger profondément sur le sens même du travail », a-t-il confié après avoir parcouru une quinzaine de pays pour conseiller les dirigeants.
Le constat mondial est alarmant. Citant le rapport Gallup de décembre 2025, l’auteur rappelle que 80% des employés se disent désengagés. McKinsey ajoute que 75% des travailleurs ignorent le sens de leur activité. Pour Raphaël Tchomnou Ngantchop, derrière chaque franc CFA, se cache un visage humain souvent fatigué : « On a longtemps cru que le temps investi pour le bien-être était volé à la performance, ce qui est archi faux. »
Un écosystème global et durable
Pour pallier l’inefficacité des team-buildings isolés qui s’estompent après 90 jours, Raphaël Tchomnou Ngantchop propose un modèle robuste inspiré de Maslow et de Barrett. L’architecture repose sur huit piliers fondamentaux allant de la charte de leadership au bien-être physique, psychologique, émotionnel, spirituel, relationnel, jusqu’à l’équilibre vie privée-vie professionnelle et la reconnaissance.
Cet écosystème à trois dimensions intègre également sept couches d’ancrage organisationnel (allant des valeurs abstraites jusqu’aux données concrètes) et cinq boucles d’apprentissage pour garantir la pérennité du modèle.
Sur le plan pratique, le dispositif se compose de quatre outils majeurs : Un QR code de diagnostic instantané de la maturité de l’organisation, un coffret de travail (Workbook) de 8 volumes structuré sur 52 semaines, un agent d’intelligence artificielle faisant office de coach permanent pour les managers et un parcours de certification en trois niveaux, destiné à former 350 ambassadeurs dans 35 pays africains d’ici 2030.
Des résultats économiques concrets
La méthode a déjà fait ses preuves. Déployé au sein du groupe PGN (1 800 collaborateurs), le modèle a fait grimper le taux d’engagement de 48 % en octobre 2024 à 76 % en juillet 2025, avec une projection à 85 % lors du lancement. Surtout, l’entreprise, déficitaire depuis cinq ans, a renoué avec les bénéfices.
La préface de l’ouvrage, rédigée par Asta Rosa Cissé (directrice régionale AGL Côte d’Ivoire et Burkina Faso) et lue par le directeur général d’AGL Cameroun, résume parfaitement l’esprit de ce manifeste : « Les organisations qui réussiront demain sont celles qui auront compris que le cœur humain est leur premier capital. » Une invitation claire à concilier performance et humanité, à l’image de l’arbre à palabres traditionnel.