Avant projet de loi de Finances : Les grands axes du budget 2027 de la Guinée Équatoriale

Cet instrument de consolidation fiscale, doit permettre au gouvernement local de mieux maîtriser la dépense publique, d’accroître les recettes hors pétrole et de préserver l’investissement productif, dans un contexte de déclin structurel des revenus pétroliers.

La Guinée équatoriale prépare un budget 2027 sous forte contrainte. Réuni le 25 août dernier à Malabo, le cinquième Conseil interministériel de l’année a poursuivi l’examen des grandes orientations de la prochaine loi de finances, quelques jours après la présentation de son avant-projet par le ministère des Finances, du Budget et de la Planification nationale. Le document s’inscrit dans une stratégie de consolidation fiscale, de mobilisation accrue des recettes non pétrolières et de soutien à l’investissement productif.

Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais de faire évoluer la gestion budgétaire dans un environnement où les recettes tirées des hydrocarbures sont appelées à diminuer. Le pays reste en effet confronté au vieillissement de ses champs pétroliers et à la baisse progressive de sa production. En 2025, le PIB équato-guinéen s’est contracté de 5,8%, sous l’effet notamment d’une chute de 16,8% de l’activité pétrolière, alors que le secteur non pétrolier n’a progressé que de 2,4%.

Préserver les équilibres

Le budget 2027 devra ainsi poursuivre l’effort engagé avec la loi de finances 2026, qui avait été arrêtée à 1 294,3 milliards de Fcfa, équilibré en recettes et en dépenses. Les orientations retenues pour 2026 visaient déjà à améliorer la diversification économique, renforcer la soutenabilité des finances publiques et réduire la vulnérabilité du pays à la baisse structurelle des revenus des hydrocarbures.

Le nouveau budget devrait accentuer cette trajectoire en donnant davantage de poids aux ressources domestiques. Le gouvernement entend notamment améliorer la mobilisation des recettes fiscales et renforcer le contrôle des ressources publiques. Cette orientation intervient alors que l’exécutif prépare également la mise en place d’un Compte unique du Trésor, prévue à l’horizon du premier trimestre 2027, afin de centraliser les ressources de l’État et d’obtenir une vision plus précise de sa trésorerie.

La maîtrise de la dépense constitue l’autre pilier du dispositif. La liquidation du budget 2025, examinée lors du Conseil interministériel, doit permettre de confronter les prévisions aux réalisations en matière de recettes et de dépenses. Pour Malabo, il s’agit d’identifier les écarts, d’améliorer l’exécution budgétaire et de renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.

La préparation du budget 2027 s’accompagne également d’un effort sur la qualité de l’information économique. C’est dans ce sillage que le Conseil interministériel a adopté le Cadre national de garantie de la qualité des statistiques officielles, destiné à améliorer les méthodes de collecte, de traitement et de diffusion des données.

Cette réforme revêt une importance particulière pour la politique budgétaire. En effet, des statistiques fiables permettentde mieux établir les prévisions de recettes, d’évaluer les dépenses publiques et de mesurer l’impact des politiques économiques. L’Institut national de statistique de Guinée équatoriale (Inege) travaille d’ailleurs déjà sur son programme d’action et son avant-projet de budget 2027.

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