Les acteurs du secteur se sont réunis le 24 août 2026 à Bangui sous l’égide du ministère des Finances et du Budget, pour dégager des solutions institutionnelles et opérationnelles capables d’améliorer l’efficacité des dispositifs existants.
Créer un écosystème de microfinance plus performant, plus résilient et plus centré sur les besoins concrets des acteurs économiques. Tel est l’objectif visé par le Comité national de la microfinance réuni en session le 24 août 2026 à Bangui, sous l’égide du ministère centrafricain des Finances et du Budget. Pour les pouvoirs publics et les acteurs du secteur, il est question de faire de ce secteur « un outil clé pour accompagner les petites et moyennes entreprises, soutenir l’entrepreneuriat, mobiliser l’épargne et faciliter l’accès au crédit pour ceux qui restent en dehors du système bancaire traditionnel », comme l’indique le ministère des Finances et du Budget.
En abordant les principales problématiques du secteur, l’objectif est de dégager des solutions institutionnelles et opérationnelles capables d’améliorer l’efficacité des dispositifs existants. Il s’agit, à terme, de faire de la microfinance un véritable levier d’inclusion financière et un instrument efficace au financement des activités productives, au service du développement économique du pays. Pour les autorités locales, « cette démarche reflète la volonté du ministère des Finances et du Budget d’accompagner la structuration du secteur et de renforcer les mécanismes favorisant une meilleure intermédiation financière. Une orientation qui place la microfinance au cœur des enjeux de transformation économique, de création de revenus et d’élargissement des opportunités de financement en République centrafricaine ».
Dans un contexte où le pays entend faire de l’inclusion financière un levier déterminant pour dynamiser l’économie, le comité s’est donné pour mission de mieux coordonner les interventions et d’apporter des réponses adaptées aux défis structurels qui limitent encore l’accès aux services financiers formels pour une part significative de la population. Il sera aussi question de renforcer la gouvernance et la régulation du secteur surtout dans un paysage financier en mutation rapide. Les acteurs de la microfinance quant à eux, plaident pour le renforcement du dialogue entre pouvoirs publics, institutions financières et autres parties prenantes pour une croissance saine et durable du secteur.
La situation de la microfinance en République Centrafricaine
Selon les données du Comité national économique et financier (Cnef) de la Centrafrique du 13 mars 2026, à fin décembre 2025, le pays comptait six établissements de microfinance (EMF) agréés dont quatre en activité et qui procèdent régulièrement à la transmission de leurs états réglementaires aux autorités de tutelle et de contrôle. Il s’agit des Caisses Mutuelles de Centrafrique (Cmca), la Société financière africaine de crédit (Sofia-Crédit), le Crédit Populaire de Centrafrique (CPC), Express-Union Centrafrique, la Financière de Centrafrique (Fica) et la Fédération des coopératives d’épargne et de crédit MO-Zingo (FED-MO-Zingo).
Le total des bilans des établissements de microfinance a régressé de 30,5% entre décembre 2024 et décembre 2025, en raison de la baisse de l’ensemble des agrégats, à l’exception de la trésorerie nette. Cette évolution est essentiellement en rapport avec la situation préoccupante des Cmca et contreperformances enregistrées par Sofia-Crédit au cours de la période sous revue.
Un recul de près de 50% des crédits à la clientèle
En effet, les crédits octroyés à la clientèle ont reculé de 45,9 %, s’établissant à 3,4 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, contre 6,2 milliards de Fcfa un an plus tôt. Cette diminution est en rapport essentiellement avec les difficultés auxquelles font face deux établissements de microfinance de la place. Les dépôts de la clientèle ont enregistré une baisse de -28,5 %, s’établissant à 13,6 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, contre 19,05 milliards de Fcfa une année auparavant, en raison de la réticence des clients à constituer des dépôts auprès d’un établissement de la place. La trésorerie nette, quant à elle, est passée de 9,3 milliards de Fcfa à fin décembre 2024 à 10,2 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, soit une hausse de 10,5%, en raison de la forte diminution des emplois au cours de la période sous revue. En ce qui concerne les valeurs immobilisées, elles ont chuté de 54,4 %, pour se situer à 2,9 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, contre 6,3 milliards de Fcfa un an plus tôt. Cette évolution reflète la dépréciation des actifs des établissements de la place.
Pour ce qui est de la qualité du portefeuille, elle s’est améliorée à fin décembre 2025. L’encours des engagements douteux s’est établi à 1,6 milliard de Fcfa, contre 3,4 milliards de Fcfa un an plus tôt, soit une baisse de 53,1 %, en lien principalement avec la chute de 46,1 % des crédits bruts au cours de la période sous revue. Le ratio des créances en souffrance rapportées au volume des crédits bruts, quant à lui, est revenu de 37,7 % à fin décembre 2024 à 32,8 % un an plus tard. Ces engagements douteux ont été couverts à hauteur de 74,3 % par des provisions à fin décembre 2025, contre 76,1 % une année auparavant.