Au terme du premier Forum national de l’épargne pour le développement tenue du 3 au 4 septembre 2026 à Libreville, le gouvernement ambitionne de mieux capter les ressources des ménages, des investisseurs institutionnels et de la diaspora pour financer les projets de ce programme économique.
Le Gabon veut désormais compter davantage sur ses propres ressources pour financer son développement. Réuni les 2 et 3 septembre 2026 à Libreville à l’initiative de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le premier Forum national de l’épargne pour le développement (Foned) a posé les bases d’une nouvelle architecture de financement, destinée à transformer l’épargne disponible en investissements productifs.
En effet, le Plan national de croissance et de développement (Pncd) 2026-2030 prévoit quelque 27 000 milliards de Fcfa d’investissements, dont environ 18 000 milliards devraient provenir du secteur privé et des ressources nationales. Dans cette équation, l’épargne domestique et celle de la diaspora apparaissent comme des ressources stratégiques pour réduire la pression exercée sur les financements extérieurs.
Durant deux jours de travaux, les participants ont convergé vers une même priorité : mieux organiser la rencontre entre l’épargne et les besoins de financement de l’économie. La création de véhicules d’investissement permettant de mutualiser les ressources, le développement de produits d’épargne longue adaptés aux ménages, aux entreprises et à la diaspora, ainsi que le renforcement du rôle des investisseurs institutionnels figurent parmi les principales recommandations du forum. Les participants ont également plaidé pour le développement des marchés et instruments financiers nationaux et sous-régionaux. L’objectif étant de donner davantage de profondeur au financement de l’économie réelle et de mieux orienter les capitaux vers les secteurs prioritaires du Pncd.
Pour Marius Issa Nkori, administrateur directeur général de la CDC, le défi consiste précisément à établir un lien plus efficace entre « l’épargne disponible et l’économie réelle ». L’institution entend se positionner comme un « tiers de confiance », capable de sécuriser les ressources collectées et de les orienter vers des investissements de long terme.
La confiance, préalable à la mobilisation
La réussite de cette stratégie dépend toutefois d’une condition essentielle : convaincre les Gabonais d’épargner et surtout d’investir au Gabon. Le Foned a ainsi accordé une place importante à la question de la confiance, notamment à travers l’étude Diasdev consacrée à l’épargne des diasporas africaines. Les attentes exprimées par les Gabonais de l’étranger portent notamment sur la sécurité des placements, la transparence, un parcours digital complet et une rémunération attractive. Pour Assan Césaire Tsinga Bakary, représentant le ministre de l’Économie à la clôture des travaux, « tout commence par la confiance ». Le responsable a également appelé au renforcement du cadre juridique et réglementaire, de la transparence et de l’éducation financière.
Cette dimension est d’autant plus importante que l’épargne informelle reste également un gisement à intégrer progressivement dans les circuits financiers. Une meilleure bancarisation et la digitalisation des produits pourraient ainsi contribuer à élargir la base des ressources mobilisables.
Le forum a également permis de mettre en avant Okira et Okira 24, deux instruments d’épargne réglementée portés par la CDC, destinés respectivement aux résidents et aux Gabonais de la diaspora. Distribués avec le concours d’établissements financiers, ils doivent notamment permettre d’orienter l’épargne vers des projets structurants, dont le logement. La CDC ambitionne de mobiliser environ 100 milliards de Fcfa sur dix ans à travers ces instruments. Une première cible qui donne une dimension concrète à la stratégie présentée durant le Foned, même si elle reste à mettre en regard des besoins globaux de financement du Pncd.
Présent à la clôture, le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a appelé à « passer la vitesse supérieure ». D’après lui, le gouvernement doit désormais analyser et hiérarchiser les recommandations issues des six panels avant de les traduire en mesures opérationnelles avec la CDC, les régulateurs et les administrations concernées.