Finances publiques : La Centrafrique veut passer au Budget-programme dès 2027

Le séminaire gouvernemental présidé les 3 et 4 septembre 2026 à Bangui par le Premier ministre, visait à tracer une feuille de route opérationnelle, renforcer la crédibilité financière de l’État et améliorer l’impact des politiques publiques sur les attentes sociales.

Transformer les engagements budgétaires en résultats concrets pour les citoyens. Telle est la feuille de route que s’est assigné le gouvernement de la République Centrafricaine (RCA) en voulant basculer vers le budget-programme dès l’année prochaine (2027). C’est tout l’enjeu du séminaire gouvernemental des 3 et 4 septembre 2026 présidé à Bangui, par le Premier ministre (PM), chef du gouvernement, Félix Moloua. 

Réunissant l’ensemble des acteurs de la chaîne financière et les partenaires techniques et financiers comme le Fonds monétaire international (FMI) et sa branche expertise Afritac Centre, ce séminaire a mêlé formation technique, coordination politique et coopération partenariale pour tracer une feuille de route opérationnelle pour 2027. « Il est question de traduire ces orientations en dispositifs mesurables, en indicateurs de performance et en pratiques administratives concrètes, afin de renforcer la crédibilité financière de l’État et d’améliorer l’impact des politiques publiques sur les attentes sociales », a déclaré le PM centrafricain.

Les enjeux économiques et financiers

Pour ce faire, trois exposés ont été présentés par l’équipe d’Afritac Centre sur le cycle budgétaire partant de son élaboration jusqu’à sa mise en exécution. Le rôle que les membres du gouvernement sont appelés à jouer dans le cadre du basculement au budget-programme a été débattu par l’ensemble des participants. Ils seront désormais ordonnateurs des dépenses tout comme le ministre des Finances et du Budget. Dans ce cas, la priorité doit être accordée à la performance et aux résultats. « L’exécution des crédits doit privilégier l’efficacité et l’impact plutôt que dépense automatique », a lancé le chef du Gouvernement. Il a annoncé au passage, des mesures de modernisation des mécanismes de contrôle financier et demandé une transparence accrue dans l’exécution des dépenses. 

S’adressant aux nouveaux membres du gouvernement, il a exhorté à une appropriation rapide des enjeux financiers et à un engagement fort pour améliorer l’efficacité de l’action publique. Il a aussi annoncé un accompagnement stratégique visant à garantir la rigueur budgétaire et l’alignement des pratiques ministérielles sur les objectifs nationaux.

Les recommandations pour un budget-programme réussi

Au-delà des aspects techniques, le PM a prôné une révision concertée des stratégies face aux défis mondiaux, une synergie renforcée entre l’État et les partenaires, et un renforcement continu des capacités en gestion des ressources et des finances publiques. La reddition de comptes et la responsabilisation budgétaire ont été mises au premier plan: application des directives communautaires, responsabilisation effective des ordonnateurs et reddition de comptes devant l’Assemblée nationale et les citoyens. 

Pour Amélie Jeannine Behorou, Directrice générale du Budget, la feuille de route tracée est centrée sur la performance. « Il s’agit de la modernisation continue de la gestion budgétaire, la transparence, la crédibilité et la soutenabilité. C’est une transition vers un budget-programme axé sur les résultats, afin d’allouer les crédits à des objectifs mesurables et à forte valeur ajoutée pour la population », a-t-elle déclaré. 

Elle a en outre appelé à une responsabilisation accrue des ministres en ordonnateurs. Il leur est prescrit la maîtrise du cycle budgétaire, le renforcement de la redevabilité et le suivi systématique des résultats. Salifou Issoufou, le représentant du FMI pour sa part, a insisté sur la redevabilité et le contrat social. « La confiance publique passe par une utilisation transparente des ressources et par l’évaluation rigoureuse des effets des politiques publiques », a-t-il insisté. Mesmin Koulet Vickot, le directeur d’Afritac Centre, a préconisé un cadre juridique renforcé, une gestion axée sur les résultats et des échanges d’expertise avec des spécialistes internationaux.

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