Selon le dernier Rapport sur les passeports, le document donne accès à 56 destinations en 2026 avec des formalités allégées contre 59 l’année précédente, illustrant ainsi les difficultés persistantes de déplacements à l’étranger.
Le passeport camerounais perd du terrain sur l’échiquier mondial. En 2026, il permet d’accéder à 56 destinations avec des formalités allégées, selon le classement établi par Rapports sur les passeports. Le Cameroun occupe ainsi le 165e rang mondial, avec un score de mobilité de 56 et un taux d’accès mondial de 28,3 %. Une situation en retrait par rapport à 2025, année durant laquelle le pays affichait un score de 59 et se classait au 154e rang.
Dans le détail, les 56 destinations se répartissent entre 21 pays accessibles sans visa, 32 avec visa à l’arrivée ou dispositifs d’entrée simplifiés et trois nécessitant une autorisation électronique de voyage (eTA). À l’inverse, 142 destinations, soit 71,7 % du périmètre étudié, restent soumises à l’obtention préalable d’un visa.
Le recul apparaît également lorsqu’on observe l’évolution récente. Le niveau le plus favorable de la période 2020-2026 avait été enregistré en 2023, avec un score de mobilité de 62 et un 157e rang mondial. Le rapport se limite toutefois à établir ces évolutions chiffrées, sans leur attribuer de cause particulière.
C’est sur le continent africain que le passeport camerounais conserve son meilleur niveau d’accès. L’Afrique affiche un taux de 60,4%. Sur les 53 destinations africaines recensées hors Cameroun, 12 sont accessibles sans visa, 17 avec visa à l’arrivée ou formalités simplifiées et trois via eTA.
Parmi les destinations sans visa figurent notamment le Bénin, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon, la Gambie, le Congo, le Mali, le Nigeria, la République centrafricaine, le Rwanda, le Kenya et le Togo. Les durées de séjour varient selon les pays, pouvant atteindre 90 jours pour plusieurs destinations.
Hors d’Afrique, les possibilités se réduisent sensiblement. L’Océanie affiche un taux d’accès de 42,9 %, devant les Caraïbes (37,5%), tandis que l’Asie se situe à 22 %. Le verrouillage est particulièrement marqué en Europe, dans les pays du Golfe et au Moyen-Orient : le rapport affiche un taux d’accès allégé de 0 % pour ces trois ensembles. Les 47 destinations européennes recensées, les six pays du Golfe et les 17 destinations du Moyen-Orient sont toutes classées dans la catégorie « visa requis ».
Une question de réciprocité
Le rapport apporte également un éclairage sur les conditions d’entrée au Cameroun. Il recense 50 cas dans lesquels un passeport étranger doit obtenir un visa pour entrer au Cameroun, alors que les Camerounais bénéficient, dans le pays concerné, d’un accès sans visa, d’une eTA, d’un visa à l’arrivée ou d’un dispositif simplifié.
Sur cet indicateur, qui mesure l’ouverture du Cameroun aux voyageurs étrangers et non la puissance du passeport camerounais à l’étranger, le pays se classe au 145e rang sur 199.
Au total, les données de 2026 dessinent un passeport dont la mobilité demeure fortement concentrée sur l’Afrique. Avec 56 destinations accessibles dans des conditions allégées, l’espace communautaire et continental apparaît ainsi comme le principal levier de circulation internationale des Camerounais, alors que la majorité des destinations mondiales reste soumise au visa.