Une délégation du Sénat américain a visité, le 22 octobre 2026, les installations du Port autonome de Douala. Les échanges ont porté sur la performance opérationnelle, la sûreté portuaire, la modernisation des infrastructures et les opportunités d’investissement.
Sophia Lalani, conseillère principale de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, a été reçue le 22 octobre 2026 au siège du Port autonome de Douala (PAD), à la tête d’une délégation. Cette visite de travail visait à mieux appréhender les réalités économiques du Cameroun et à explorer de nouvelles pistes de coopération commerciale entre Washington et Yaoundé, notamment avec le PAD, acteur central des échanges extérieurs du pays.
La délégation a été accueillie par Abdoul Hakim, conseiller technique n° 2, au nom du directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, absent du fait de sa participation à la cinquième édition du Symposium international sur le transport et la logistique en Afrique (Translog Africa 2026), dont le PAD est le principal sponsor.
Au cours de leur visite de la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri, les hôtes américains ont découvert les installations, observé le déroulement des opérations et pris connaissance des chantiers engagés pour accroître les capacités du port. Ils ont également assisté à la projection d’un film institutionnel présentant le dispositif de sécurité déployé pour protéger les installations et les activités portuaires.
À l’issue de cette immersion, Sophia Lalani a salué les progrès accomplis, notamment en matière d’équipements, de recours aux nouvelles technologies et d’investissements. « Cette visite m’a donné une très bonne idée de la manière dont les navires arrivent et sont déchargés, des technologies utilisées, ainsi que des efforts de modernisation entrepris pour rendre les infrastructures portuaires plus performantes et en faire une véritable vitrine du développement des infrastructures au Cameroun », a-t-elle déclaré, selon des propos relayés sur la page Facebook du PAD.
Les discussions qui ont suivi ont porté sur l’efficacité opérationnelle, la sûreté portuaire et les perspectives d’investissement pour les entreprises américaines. Abdoul Hakim a réaffirmé l’ouverture de l’institution aux investisseurs intéressés par ses activités. « De manière générale, nous sommes ouverts à tous les investisseurs. Leur présence et leur participation sont les bienvenues », a-t-il indiqué, précisant que toute collaboration serait encadrée par des accords formels définissant les modalités du partenariat.
Des échanges commerciaux encore limités
Le PAD assure la gestion du port de Douala-Bonabéri, dont l’État est l’unique actionnaire, selon le décret portant réorganisation de cet établissement. Principale porte d’entrée maritime du Cameroun, il concentre environ 75% du commerce national, selon les données présentées dans le document de référence. À fin 2025, le trafic global des ports camerounais s’élevait à 23,7 millions de tonnes, en hausse de 3 %.
Les échanges commerciaux avec les États-Unis restent toutefois modestes. Au deuxième trimestre 2025, la valeur du trafic vers ce pays a progressé de 153% en glissement annuel, pour atteindre 35 milliards de Fcfa, correspondant à 10.000 tonnes de marchandises. Les dérivés de cacao représentaient 91 % de ces volumes, contre 9% pour les bois débités. Ces données mettent en évidence des possibilités de développement des échanges, que le PAD et ses partenaires américains pourraient chercher à exploiter davantage.
Cette visite intervient après celle d’une délégation de la Chambre des représentants des États-Unis, reçue le 21 août 2026 par le directeur général adjoint du PAD, Charles Michaux Moukoko Njoh. La délégation était conduite par Mike McCabe, directeur de cabinet du sous-comité pour l’Afrique de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. La venue de Sophia Lalani, représentant le Sénat, deux mois plus tard, témoigne d’un intérêt renouvelé des institutions législatives américaines pour la plateforme portuaire de Douala.