Loi de finances : Le gouvernement gabonais trace la feuille de route du budget 2027

Les conférences budgétaires ouvertes le 14 juillet 2026 à Libreville, traduisent la volonté des autorités locales de concilier discipline des finances publiques, protection des dépenses sociales et mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement.

Le gouvernement gabonais a officiellement lancé, le 14 juillet à Libreville, le processus d’élaboration du projet de loi de finances (PLF) 2027. À l’ouverture des conférences budgétaires, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a fixé une feuille de route plaçant la rigueur budgétaire au cœur de l’action publique, sans remettre en cause les dépenses à caractère social ni les investissements jugés structurants.

Cette orientation intervient dans un contexte où le Gabon cherche à consolider ses finances publiques tout en mettant en œuvre le Plan national de croissance et de développement (Pncd), appelé à servir de boussole aux politiques économiques du pays. Les futurs arbitrages budgétaires devront également tenir compte des échanges attendus avec le Fonds monétaire international (FMI), avec lequel les autorités souhaitent maintenir un dialogue sans sacrifier les priorités nationales.

« Le budget de l’État ne saurait être appréhendé comme une simple juxtaposition de besoins sectoriels », a déclaré Hermann Immongault devant les membres du gouvernement. Pour le vice-président, chaque ministère devra désormais inscrire ses demandes dans une logique de performance, de responsabilité collective et de soutenabilité des finances publiques.

Priorité aux dépenses à fort impact

L’une des principales orientations concerne la hiérarchisation des dépenses publiques. Selon le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, les conférences budgétaires, organisées en phases ministérielle puis technique, doivent permettre de sélectionner les projets présentant le meilleur impact économique et social. Les autorités entendent ainsi préserver les crédits consacrés au pouvoir d’achat, aux mécanismes de protection sociale, à l’accès à l’eau potable, à l’électricité ainsi qu’aux politiques en faveur de l’emploi des jeunes.

Cette approche s’inscrit dans la logique de budgétisation par programmes, progressivement renforcée au Gabon, qui vise à orienter les ressources publiques vers des résultats mesurables plutôt que vers une simple reconduction des dépenses.

Fin des automatismes budgétaires

Le gouvernement souhaite également rompre avec certaines pratiques ayant contribué aux tensions sur les finances publiques. Hermann Immongault a ainsi exigé que toutes les demandes de crédits soient justifiées « au premier franc CFA » et classées selon trois catégories : dépenses de première nécessité, engagements en cours et mesures nouvelles.

Autre exigence, les investissements inscrits dans le PLF 2027 devront présenter un niveau de maturité suffisant. Les projets dépourvus d’études techniques ou de faisabilité ne seront plus retenus, une mesure destinée à améliorer l’exécution budgétaire et à limiter les retards constatés sur plusieurs programmes d’investissement.

Plus de transparence dans la gestion des ressources

L’exécutif entend aussi renforcer la mobilisation des recettes publiques. A cet effet, les agences et établissements publics devront désormais déclarer l’intégralité de leurs ressources fiscales et non fiscales, qui devront transiter par le Trésor public. « Toutes ces ressources devront être présentées pour leur montant brut, sans contraction ni utilisation extrabudgétaire », a insisté Hermann Immongault. Cette mesure vise à réduire les circuits financiers parallèles et à améliorer la transparence de la gestion publique.

Au terme des conférences budgétaires, le projet de loi de finances suivra le circuit institutionnel prévu par la Constitution, avec l’examen du Conseil économique, social et environnemental, de la Cour des comptes et du Conseil d’État, avant son dépôt au Parlement.

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