La décision, actée par son Conseil d’administration le 5 octobre 2026 à N’Djaména, au Tchad, vise à massifier les pièces de la gamme 2024 au détriment des anciennes, jugées vétustes et disparates.
Réuni en session ordinaire le 5 octobre 2026 à N’Djaména, au Tchad, le Conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a décidé de la démonétisation des pièces de monnaie des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. C’est ce qui ressort du communiqué final des travaux, signé le même jour par Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État tchadien chargé des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, et président en exercice du Conseil d’administration. « Cette opération vise notamment à simplifier le paysage fiduciaire en retirant les anciennes pièces vétustes et disparates, dans un contexte de massification des pièces de monnaie de la gamme 2024 mises en circulation en avril 2025 », justifie la banque centrale.
Composée de neuf dénominations, à savoir 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 200 et 500 Fcfa, la gamme de pièces de monnaie 2024, en vigueur depuis le 2 avril 2025 dans les six États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ne semble pas avoir été totalement adoptée par le grand public. Parmi les griefs formulés par les utilisateurs figurent notamment la taille de la pièce de 100 Fcfa, souvent confondue avec celle de 50 Fcfa, ainsi que celle de 200 Fcfa, que certains assimilent à la pièce de 500 Fcfa.
Au-delà de ces confusions, qui appellent les usagers à davantage de vigilance lors de leurs transactions, la gamme 2024 se veut plus sécurisée, durable et facilement identifiable, selon la Beac. « Les pièces sont fabriquées à partir de métaux résistants et respectueux de l’environnement, et arborent des gravures spécifiques illustrant l’intégration sous-régionale et l’émergence des États de la Cemac », avait déclaré Yvon Sana Bangui, son gouverneur, lors de la présentation officielle des nouvelles pièces. Une attention particulière a notamment été accordée aux thèmes de l’éducation, de la place de la femme dans la société, de l’agriculture moderne ainsi qu’à la protection de la faune et de la flore.
Le spectre des pénuries
L’autre préoccupation des agents économiques porte sur le risque de pénurie de pièces lorsque les anciennes seront totalement retirées de la circulation. Pour y faire face, la Beac avait annoncé, depuis l’année dernière, l’injection annuelle de 500 millions de pièces de monnaie de la gamme 2024. L’objectif, outre la constitution d’un stock de 3 milliards de pièces injectées d’ici 2030, est d’éradiquer les pénuries récurrentes enregistrées dans la sous-région.
Quelques mois auparavant, la banque centrale avait également autorisé les supermarchés, grands magasins, boulangeries, pharmacies et autres commerces à procéder à des échanges de billets de banque contre des pièces de monnaie au niveau des guichets de ses différentes agences.
Cette mesure avait été plutôt bien accueillie par les agents économiques, confrontés à une disponibilité insuffisante de la petite monnaie dans les transactions quotidiennes. Le retrait progressif des anciennes pièces pourrait toutefois raviver les inquiétudes, compte tenu de leur présence encore importante dans les échanges. La rareté des pièces de monnaie constitue en effet une contrainte pour les transactions commerciales, notamment pour les petits achats et le rendu de monnaie.