Selon la loi de finances, ce chiffre est en hausse de 163,2 milliards de Fcfa en valeur absolue, soit 13,1% en valeur relative, par rapport à 2025.
Selon la loi de finances 2026 adoptée le 30 novembre 2025 par l’Assemblée nationale du Cameroun, le Budget d’investissement public (BIP) se chiffre à 2 026,3 milliards de Fcfa en 2026, contre 1 863,1 milliards de Fcfa en 2025, soit une hausse de 163,2 milliards de Fcfa en valeur absolue et 13,1% en valeur relative. « Le Budget d’investissement public représente ainsi 22,8% des dépenses budgétaires totales en 2026, contre 24,2% en 2025 », indique le gouvernement. Avec une telle proportion du BIP dans le budget de l’État, le Cameroun reste encore loin des 40 % ciblés dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
Cette ligne directrice des investissements publics de l’année 2026 va être consacrée à la poursuite de la mise en service des grands projets de première génération et des autres projets en cours, à la mise en œuvre des plans présidentiels de reconstruction des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, ainsi qu’à l’accélération de la décentralisation.
Malgré la volonté du gouvernement de vouloir booster ce chapitre budgétaire, celui-ci enregistre encore de faibles performances au niveau de l’exécution. Selon le Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public tenu en juillet 2025, le taux d’exécution du BIP au 31 décembre 2024 est de 64,88% contre 63,55% à la même période en 2023, soit une légère hausse de 1,33 point. « Le taux d’engagement quant à lui est de 84,89% en valeur relative contre 72,26% à la même période de l’exercice 2023, soit une hausse de 12,63 points. Le taux de liquidation est de 83,82 % en valeur relative contre 70,04% à la même période de l’exercice 2023, soit une hausse de 13,78 points, et le taux d’ordonnancement se situe à 82,93 % en valeur relative contre 69,92 % à la même période de l’exercice 2023, soit une diminution de 13,01 points. »
D’après la présidente du Comité de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public, cette contre-performance s’explique par certaines difficultés qui freinent l’exécution des projets du BIP, notamment les problèmes d’insécurité dans certaines régions, l’absence de maturation de certains projets, les impacts des changements climatiques, ainsi que les retards dans les paiements des fonds de contrepartie. A cela, il faut ajouter la signature de certains avenants avec une incidence financière au-delà du plafond prévu par les dispositions du Code des marchés publics, le non-respect des plans de passation des marchés, le faible engouement de certains prestataires à soumissionner à la commande publique dans les régions en proie à la crise sécuritaire, les lenteurs dans l’exécution physique de certains projets à financement conjoint en raison de l’insuffisance de la dotation des FCP, ou encore l’abandon de certains chantiers.