Coopération monétaire et financière : Les contours du partenariat Beac- Banque Nationale du Rwanda

A travers le protocole d’accord signé le 11 mars 2026 à Kigali par les Gouverneurs Yvon Sana Bangui et Soraya Hakuziyaremye, les deux institutions s’engagent à coopérer sur les systèmes de paiement, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que les mesures de prévention de la prolifération.

En marge du sommet sur l’encadrement du mobile money, des néo-banques, du crowdfunding et des cryptoactifs tenu le 11 mars 2026 à Kigali au Rwanda, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) et la Banque nationale du Rwanda (BNR) ont signé un protocole d’accord de coopération en matière de politique monétaire. Le document paraphé respectivement par Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la Beac et Soraya Hakuziyaremye, Gouverneur de la BNR, établit une coopération qui couvre à la fois, les systèmes de paiement, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que les mesures de prévention de la prolifération.

Il inclut également la cybersécurité du secteur financier, la politique macroprudentielle, la supervision bancaire, la gestion des crises financières, l’inclusion financière, le financement du développement et le renforcement des capacités institutionnelles.

Les enjeux

Ce partenariat intervient à la suite d’un autre signé avec la Banque Centrale du Congo (BCC), le 28 février 2026 à Kinshasa pour les mêmes objectifs. Par ces actions, les différentes institutions monétaires impliquées sont appelées à être les garantes de la stabilité tout en devenant des facilitateurs de l’investissement de long terme. En effet, la transformation économique de la zone Cemac, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda, devrait reposer sur une gestion proactive des liquidités régionales et une réduction de la dépendance aux chocs extérieurs. Pour le Gouverneur de la Beac, la stabilité monétaire, bien que nécessaire, doit désormais servir de socle à une mobilisation audacieuse des ressources domestiques afin de permettre à ces zones de financer leur propre développement.

Pour les experts financiers, ces partenariats présentent plusieurs avantages à la fois pour les pays de la Cemac, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda qui, bien que située en Afrique centrale, n’utilisent pas le franc CFA. Ils devraient fluidifier les paiements transfrontaliers, tout en limitant le recours aux devises via un système de règlement plus direct entre les différentes banques centrales. Toute chose qui serait également de nature à diminuer les coûts des transactions. En effet, l’absence d’une architecture financière intégrée pousse les opérateurs économiques à recourir aux procédures bancaires complexes, avec à la clé, des délais de règlements parfois longs entraînant ainsi des coûts élevés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *