Ce projet d’ordonnance présenté le 19 mars 2026 aux diplomates par quatre membres du gouvernement, ambitionne de protéger les mineurs des nombreuses dérives observées sur plateforme digitales.
Un mois après la suspension des réseaux sociaux décidée le 17 février 2026, les autorités gabonaises accélèrent la mise en place d’un cadre légal plus strict. Devant le corps diplomatique réuni à Libreville le 19 mars dernier, plusieurs membres du gouvernement (Communication et des Médias, Affaires étrangères, Economie numérique et Santé) ont défendu cette décision, motivée par la nécessité de préserver la sécurité nationale et la cohésion sociale.
Les autorités évoquent en effet une prolifération de contenus jugés dangereux à l’instar de la désinformation, les propos haineux, la diffamation ou encore les atteintes aux institutions. « Cette décision n’a pas été prise à la légère », a insisté la ministre des Affaires étrangères, soulignant son caractère préventif. Dans ce contexte, l’exécutif entend aller plus loin avec un projet d’ordonnance visant à mieux encadrer l’usage des réseaux sociaux, notamment chez les plus jeunes.
Au cœur de la réforme figure une mesure majeure : l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, sauf autorisation parentale. En fixant cette majorité numérique, le gouvernement veut limiter l’exposition des mineurs aux dérives observées sur les plateformes. En effet, les jeunes sont particulièrement vulnérables face aux contenus violents, pornographiques ou aux phénomènes de cyberharcèlement. Ils consomment par ailleurs massivement l’information via ces canaux, souvent sans vérification, ce qui accentue les risques de manipulation. Les autorités mettent également en avant les conséquences sociales et sanitaires liées à l’usage excessif des réseaux sociaux chez les jeunes. Il s’agit entre autres de l’addiction aux écrans, les troubles du sommeil, l’isolement ou reproduction de comportements violents.
Assurer une mise en œuvre efficace
Le dispositif prévoit ainsi une responsabilisation accrue des parents, mais aussi des plateformes numériques, qui devront mettre en place des mécanismes fiables de vérification d’âge.
Pour assurer sa mise en œuvre efficace, les entreprises du numérique seront directement mises à contribution dans l’application de cette réforme. Elles auront l’obligation de contrôler l’âge réel des utilisateurs et de s’assurer du consentement parental pour les mineurs. Et en cas de manquement, des sanctions sont prévues, pouvant atteindre jusqu’à 4% de leur chiffre d’affaires national. Ce durcissement vise à instaurer une régulation effective d’un espace numérique longtemps difficile à encadrer.