Lors de la première session ordinaire de son Comité de politique monétaire (CPM) du 2 avril dernier, elle a indiqué que celle-ci passerait de 3,5% en 2025 à 2,9% cette année.
Selon les prévisions macroéconomiques et financières réalisées en février 2026 par les services de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), on entrevoit une baisse de la croissance économique à 2,9% en 2026, contre 3,5% en 2025. C’est l’une des résolutions issues de la première session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de cette institution pour le compte de l’année. Elle s’est tenue le 2 avril 2026 dans ses services centraux à Yaoundé, sous la présidence de Yvon Sana Bangui, son gouverneur et président statutaire du CPM.
Bien qu’il n’ait pas pu échanger avec la presse, comme il est de coutume à la fin de chaque session, pour une urgence administrative, l’on retient néanmoins que la crise au Moyen-Orient serait l’une des raisons évoquées, du fait de la dépendance de bon nombre des États aux hydrocarbures et de la vulnérabilité de nos économies vis-à-vis des chocs exogènes.
D’autre part, la Beac prévoit aussi une légère hausse de l’inflation pour les mêmes raisons. Bien que contenues en dessous de la norme communautaire de 3%, des pressions inflationnistes devraient se situer à un taux moyen annuel de 2,3 % en 2026, après 2,1% en 2025. On note également un repli du déficit budgétaire, base engagements, hors dons, de 4,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025 à 2,2 % du PIB un an plus tard, ainsi qu’un déficit du compte courant, dons officiels compris, à 5,2 % du PIB en 2026, contre 2,9 % du PIB en 2025.
Entre-temps, la masse monétaire devrait augmenter de 11,1% au 31 décembre 2026, et les réserves de change, en mois d’importations de biens et services, représenteraient 4,52 mois, après 4,22 mois en 2025. Enfin, le taux de couverture extérieure de la monnaie s’établirait à 68,0% en 2026, après 64,9% en 2025.
Au niveau international, selon la mise à jour de janvier 2026 de ses « Perspectives de l’économie mondiale », le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance mondiale à 3,3 % en 2026, comme en 2025. Toutefois, ces perspectives sont désormais soumises à de fortes incertitudes en lien avec le conflit au Moyen-Orient.
Au regard de ce qui précède, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale a décidé de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. Le taux d’intérêt des appels d’offres (Tiao) demeure à 4,75 %, le taux de la facilité de prêt marginal (Tfpm) à 6,25 %, le taux de la facilité de dépôt à 0,00 %, et les coefficients des réserves obligatoires à 7,00 % sur les exigibilités à vue et à 4,50 % sur les exigibilités à terme.