Programme économique et financier : Les attentes du FMI vis-à-vis du Gouvernement camerounais

Dans le cadre de leurs consultations au titre de l’article IV de 2026 avec le pays, tenues le 30 mars 2026 à Washington, les administrateurs ont souligné la nécessité d’une mise en œuvre décisive et durable des réformes structurelles afin de garantir une croissance durable tirée par le secteur privé, de renforcer la gouvernance et la transparence, la levée des obstacles réglementaires et la poursuite des réformes visant à renforcer la résilience climatique.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, le 30 mars dernier à Washington DC, les consultations au titre de l’article IV concernant le Cameroun. D’après le rapport des services de cette institution pour ces consultations publié le même jour, il ressort que « l’économie camerounaise a fait preuve de résilience face aux chocs, mais la croissance a ralenti en 2025, les perturbations liées aux élections ayant affecté l’activité économique en octobre et novembre ». Par ailleurs, le FMI table sur « des perspectives prudemment favorables, avec une reprise de la croissance attendue en 2026 et un resserrement de la politique budgétaire ».

Toutefois, il attire l’attention du Gouvernement sur d’éventuels risques à la baisse qui pourraient peser sur ces perspectives, notamment le resserrement des conditions financières, la réduction des flux d’aide, la volatilité des prix des matières premières et les défis liés à la sécurité et au climat. C’était également l’occasion pour le Conseil d’administration de l’institution de Bretton Woods de formuler des attentes vis-à-vis du Cameroun dans le cadre d’un nouvel programme économique et financier.

L’accélération des réformes structurelles pour soutenir la croissance

Prenant acte des récents dérapages budgétaires et de l’accroissement des incertitudes nationales et internationales, les administrateurs ont appelé à intensifier les efforts pour consolider la stabilité macroéconomique et accélérer les réformes structurelles indispensables afin de soutenir une croissance tirée par le secteur privé. Ces efforts, qui permettraient de consolider les acquis des précédentes interventions du Fonds, seraient appuyés par un renforcement des capacités soutenu, progressif et ciblé, ainsi que par une étroite coordination avec les entités régionales.

L’atténuation des risques pesant sur la viabilité de la dette

En outre, ils ont aussi souligné l’importance d’une consolidation budgétaire durable pour atténuer les risques pesant sur la viabilité de la dette et contribuer à renforcer la stabilité macroéconomique régionale. Ils ont appelé à poursuivre les efforts visant à renforcer la mobilisation des recettes et à intensifier les initiatives en matière de contrôle des dépenses, d’efficacité des dépenses et de gestion des investissements publics afin de dégager des marges de manœuvre pour les dépenses d’infrastructure et sociales. La finalisation des réformes relatives aux subventions aux carburants est également essentielle.

Le renforcement de la gestion de la dette au vu du risque élevé de surendettement

D’autre part, les administrateurs ont souligné la nécessité de renforcer la gestion de la dette, compte tenu du risque élevé de surendettement. Constatant des contraintes de liquidités, ils ont généralement insisté sur la priorité à accorder aux financements de projets concessionnels auprès des partenaires au développement plutôt qu’aux emprunts commerciaux onéreux, et ont exhorté les autorités à intégrer un plan d’apurement des arriérés dans une stratégie de financement crédible à moyen terme. Les administrateurs ont également souligné que des réformes globales des entreprises publiques et une transparence budgétaire seront essentielles pour renforcer la résilience des finances publiques.

Vigilance constante dans le secteur financier

L’autre attente des administrateurs a trait à la nécessité d’une vigilance constante dans le secteur financier face à l’augmentation des créances douteuses et aux liens entre l’État et les banques. Ils ont appelé à la prudence compte tenu de l’emprise croissante de l’État sur le secteur bancaire et ont encouragé le renforcement de la gouvernance des banques publiques. L’accélération des réformes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est essentielle pour que le Cameroun puisse sortir de la liste grise du Gafi. La poursuite des efforts visant à promouvoir le développement du secteur financier et l’inclusion financière demeure importante pour soutenir une croissance plus forte.

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