Le constat a été fait lors d’une visite guidée effectuée le 22 avril dernier à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.
C’est sous un soleil accablant que la vingtaine d’hommes et de femmes des médias arpente les couloirs du fret de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, ce 22 avril 2026. Venus toucher du doigt la réalité de la mise en œuvre du nouveau mécanisme de collecte des droits et taxes de douane à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques, entré en vigueur le 1er avril 2026 sur cette plateforme aéroportuaire, ils effectuent un premier arrêt au bureau principal des douanes hors classe de l’aéroport international de Nsimalen.
Toutou Henri Bozard plante le décor en présentant les atouts de la réforme. « Au niveau de l’aéroport international de Nsimalen, ce mécanisme suscite l’adhésion des partenaires, notamment les importateurs, les commissionnaires en douane et les transporteurs qui, depuis l’entrée en vigueur de cette réforme, viennent vers nos services pour procéder aux opérations de dédouanement. Le constat que nous faisons, c’est que pendant longtemps, les aéroports n’enregistraient plus beaucoup les importations de ces appareils, parce que le caractère fugace de cette marchandise faisait qu’il existait une véritable contrebande », indique-t-il.
Rencontrés en pleine procédure de dédouanement, les principaux acteurs de ce nouveau mécanisme de collecte magnifient les prouesses de cette réforme. « Cette réforme, premièrement, nous aide à lutter contre la contrebande, parce qu’avant nous avions des problèmes avec certains qui passaient par la brousse. Maintenant, nous pensons qu’avec ce système, nous allons réaliser de très bonnes affaires. S’agissant de la procédure, comme elle est nouvelle, nous pensons que l’avenir est prometteur », se réjouit Tchouthat Hypoli, importateur de téléphones portables. Même son de cloche chez son collègue Adamou Ali : « Depuis l’entrée en vigueur de ce mécanisme, nous sommes satisfaits, parce que cela va limiter les affres de la contrebande et nous allons vendre nos produits avec moins de difficulté », ajoute-t-il.
Il convient de préciser que cette nouvelle procédure se déroule jusqu’ici sans heurts. « Après le dédouanement au bureau, l’usager nous apporte sa déclaration munie également de sa quittance de paiement des droits et taxes, de façon à confronter la marchandise au document physique. Si, à l’issue de cette vérification, nous ne relevons pas d’infractions, nous délivrons le document unique de sortie et nous procédons enfin à l’enlèvement de la marchandise en question », explique Ruth Françoise Mba Ngono, chef de brigade commerciale des magasins.
Fruit de la collaboration entre la Direction générale des douanes, les autres entités publiques (Minpostel, ART, Antic) et le consortium Arintech-N Soft, le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes de douane sur les téléphones portables, comme le précise la Direction générale des douanes, n’est « ni une taxe nouvelle, ni un relèvement de la taxation existante susceptible d’entraîner la hausse des prix de vente des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques sur le marché », prévient la DGD.
Toutefois, le dédouanement des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques importés demeure sous la responsabilité des importateurs qui les introduisent au Cameroun. Ainsi, la déclaration et la liquidation des droits et taxes de douane s’effectuent à travers le système d’information de l’administration des douanes (Camcis), par les importateurs et leurs mandataires, le cas échéant. Le paiement des droits et taxes liquidés, quant à lui, s’effectue en monnaie locale par tous moyens de paiement autorisés, y compris les paiements électroniques.
Bien plus, comme l’indique la réforme, les téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques déjà connectés au réseau local des télécommunications sont considérés comme dédouanés et bénéficient, de ce fait, de l’amnistie fiscale.
À retenir également, les téléphones portables appartenant aux voyageurs et touristes en itinérance (roaming) sont exemptés de la procédure de dédouanement. Ainsi, « seuls les téléphones dédouanés à travers le mécanisme électronique de collecte des droits et taxes de douane (mise à la consommation et ATN), les téléphones en itinérance (roaming) et ceux ayant bénéficié de l’amnistie fiscale seront désormais autorisés à se connecter au réseau local des communications électroniques », indique la DGD.