Portée par le fret ferroviaire et le transport aérien, cette dynamique devrait être consolidée par les investissements dans les infrastructures.
Le secteur gabonais des transports démarre l’année 2026 sur une note favorable, confirmant ainsi son rôle de soutien à l’activité économique du pays. Après une période marquée par les contraintes liées à l’état des infrastructures, l’activité a enregistré une progression de 8,5% au premier trimestre, par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la hausse atteint 13,9%, selon la Note de conjoncture sectorielle de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (Dgepf), relevant du ministère de l’Économie, des Finances et des Participations.
Cette amélioration repose principalement sur la bonne tenue du transport ferroviaire et, dans une moindre mesure, du transport aérien. En ette, le fret ferroviaire s’est particulièrement distingué avec une progression de 11,4% sur le trimestre, rompant ainsi avec deux trimestres consécutifs de contraction. Cette reprise traduit notamment l’amélioration progressive des conditions d’exploitation du réseau, soutenue par les travaux engagés dans le cadre du Programme de remise à niveau (PRN).
Le transport aérien affiche, pour sa part, une progression plus modeste de 0,2 % sur le trimestre. En glissement annuel, l’évolution est toutefois plus significative, avec une hausse de 1,5 %. La Dgepf attribue notamment cette amélioration à l’augmentation de la flotte et à l’ouverture de nouvelles lignes domestiques, qui contribuent à renforcer la desserte intérieure et à faciliter les déplacements entre les différentes régions du pays.
Le rail reste la locomotive
Avec un réseau de 648 km reliant Owendo à Franceville, le Transgabonais demeure l’une des principales infrastructures logistiques du pays. La Setrag, concessionnaire de cette ligne, a transporté 264 009 passagers et environ 8,9 millions de tonnes de marchandises et de minerais en 2024.
L’enjeu pour le Gabon consiste désormais à accroître cette capacité afin d’accompagner la croissance des activités minières, forestières et industrielles. Dans cette perspective, un Programme de modernisation et de sécurisation (PMS) doit prolonger les efforts engagés depuis plusieurs années dans le cadre du PRN. Le nouveau programme prévoit notamment le renouvellement de 270 km de rails, l’achèvement du remplacement des traverses en bois par des traverses en béton, ainsi que la construction de 40 km de voies de déviation dans les zones instables.
À terme, l’objectif affiché est particulièrement ambitieux : porter la capacité de transport de fret à 21 millions de tonnes par an dès 2029, contre environ 9 millions actuellement. Cette montée en puissance repose sur un effort financier conséquent. Le Programme de modernisation et de sécurisation bénéficie notamment d’un appui de l’Agence française de développement (AFD) de 173 millions d’euros et d’un don de 30 millions d’euros de l’Union européenne. En mai 2026, Proparco et la Setrag ont par ailleurs signé un protocole d’accord portant sur un financement de 225 millions d’euros pour une nouvelle phase de rénovation des 648 km du Transgabonais.
La modernisation du rail constitue ainsi un levier stratégique pour améliorer la fluidité des échanges entre le port d’Owendo et l’intérieur du pays. Elle doit également permettre de réduire les contraintes logistiques qui pèsent sur les secteurs productifs et de renforcer la compétitivité de l’économie gabonaise.