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STRATEGIE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR FINANCIER : 630 milliards de Fcfa de recettes additionnelles attendues entre 2025 et 2030

La réflexion présentée le 31 mai 2024 à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, entend apporter 2,3% de croissance en plus par an.

en qualité d’institution de conseil, le Comité national économique et financier (Cnef) du Cameroun propose au gouvernement, une stratégie nationale de développement du secteur financier (Sndsf). Elle a été présentée à Yaoundé, le 31 mai 2024 au cours d’une cérémonie présidée par Louis Paul Motaze, ministre des Finances (Minfi). Il était assisté pour la circonstance du Pr Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt) et d’Emmanuel Nkoa Ayissi, directeur national de la Beac Cameroun, par ailleurs, secrétaire général du Cnef.

Élaborée avec l’appui technique de la Banque mondiale et de l’Union européenne (UE), elle entend faire du Cameroun d’ici 2030, un pays disposant d’une place financière capable de soutenir la transformation structurelle de son économie. Ce faisant, son objectif général est « l’amélioration de la contribution du secteur financier à la croissance économique, au relèvement du niveau de vie des populations et à la promotion du développement de l’entrepreneuriat au Cameroun », justifie-telle. Comme impact, elle pourra apporter 2,3 points de croissance annuelle supplémentaire en hypothèse basse, tandis que sur le budget, il génèrerait 105 milliards de Fcfa de recettes additionnelles par an, soit 630 milliards de Fcfa entre 2025 et 2030. « Nous avons élaboré la Stratégie nationale de développement du secteur financier (Sndsf) pour relever un certain nombre d’indicateurs et de piliers qui pourraient permettre de renforcer la croissance de l’économie camerounaise. Les premières estimations faites démontrent que bien appliqués, ces piliers pourraient nous amener 2,3 points de croissance par an, ce qui n’est pas négligeable », a expliqué le ministre des Finances.

une pAnACée Aux FAibLeSSeS Du SyStème FinAnCier CAmerounAiS

La réflexion ainsi menée recommande 29 objectifs spécifiques et 49 actions. Pour le Cnef, l’atteinte de cet idéal passe par six axes stratégiques énumérés. Le premier est le renforcement de la confiance, la stabilité et la résilience financière dans les institutions financières. Il vise à pallier le manque de profondeur et risque d’instabilité, toute chose qui limite la taille du secteur financier. Comme actions phares à mener, il a été suggéré la restructuration du secteur de la microfinance, l’amélioration de la gouvernance des établissements de microfinance (EMF) et des établissements publics(EP), ainsi que la mise en place d’un système national de garantie des dépôts du public dans les EMF et les EP, entre autres. Le second axe quant à lui, entend mieux exploiter les infrastructures en accélérant le déploiement des plateformes financières. Il a pour ambition de combler le manque d’infrastructures essentielles et déficits de réglementation au développement du secteur financier. Pour résoudre le problème de la faiblesse de l’inclusion financière et de l’accès au financement des micros, petites et moyennes entreprises (Mpme), le 3ème axe de ladite stratégie veut améliorer le cadre règlementaire et libérer la concurrence dans les SFN et autres services financiers innovants. Face à l’inefficience des institutions publiques de financement, l’axe 4 vise à améliorer l’inclusion financière et l’accès au financement des Mpme. Auconstat du manque d’innovation du secteur financier, la Sndsf se propose de réformer les institutions publiques de financement pour rendre l’intervention publique plus efficiente.

L’axe 6 enfin, a pour objectif de soutenir le financement à long terme, vert et durable de l’économie dans l’optique de rendre moins limité la contribution des marchés financiers, le capital-risque, le financement de l’immobilier et le verdissement du secteur financier pour le financement de l’économie. Cela passe par le soutien des investisseurs institutionnels locaux, l’émergence du marché de l’immobilier, et la dynamisation du marché financier, etc. Le coût d’implémentation de la stratégie à l’horizon 2030 est estimé à 102,50 milliards de Fcfa. Ce montant n’inclut pas les 37 milliards de Fcfa déjà budgétés pour la mise en œuvre de la Snfi.

Le Fruit De nombreuSeS étuDeS menéeS

Le présent projet de Sndsf fait suite à de nombreux rapports et études menées par diverses organisations internationales en collaboration avec les autorités nationales (Cnef, ministères) et régionales (Beac, Cobac) qui permettent d’établir un diagnostic complet du secteur financier après mise à jour de certaines données. Il fait également suite à d’autres stratégies nationales à l’instar de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 et la Stratégie nationale de la finance inclusive (Snfi) 2023-2027. Il n’entend pas les remplacer mais compléter et présenter selon un ordre cohérent avec son propre objet.

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