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L’Afrique doit cesser de se faire duper !

C’est ce 12 novembre que s’achève à Glasgow en Ecosse, la COP26 (Conférence des parties), un sommet qui réunit chaque année près de 200 nations, pour discuter du changement climatique et de la manière dont les pays devraient mener la lutte contre ce fléau. Comme les autres continents, l’Afrique était largement représentée à ces assises par une vingtaine de chefs d’Etat ainsi que plusieurs autres experts des questions climatiques.

La COP 26 se tient six ans après la COP21 qui a vu naitre l’accord de Paris. Dans la capitale française, pratiquement 200 pays se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, en faisant moins appel notamment aux énergies fossiles. Et cette fois dans la capitale écossaise, la rencontre donne l’occasion d’examiner les progrès accomplis depuis lors, en vue d’éviter une éventuelle catastrophe climatique au cas où le réchauffement climatique continue à dépasser 1,5°C, par rapport aux températures avant la révolution industrielle.

Considérant la place cruciale qu’elle occupe en matière de lutte contre le réchauffement climatique avec seulement 1,2 Gt de CO2 émis, soit à peine 4% du total mondial, l’Afrique avait son mot à dire à la COP26. Surtout que le continent affiche un important besoin de financements pour mener à bien cette délicate mission qui vise à sauver la planète. En effet, si l’on estime à environ 3000 milliards de dollars US le montant des investissements dans les 30 prochaines années pour réduire le niveau de pollution dans le monde d’ici à 2050, l’Afrique a besoin rien qu’entre 2020 et 2030, d’une somme variant entre 259 à 407 millions de dollars US (147 à 231 milliards de Fcfa) pour s’adapter au changement climatique.

En fait, il est demandé à l’Afrique qui s’avère être le continent qui pollue le moins, de réduire son processus d’industrialisation en utilisant davantage les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon…) qui ont certes un très bon rendement énergétique et coûtent moins chères, mais dont la transformation entraine l’émission d’une grande quantité de gaz à effet de serre, principale source du réchauffement climatique. Pourtant, les pays africains dont l’essentiel de la population croupit chaque jour dans la misère, ont besoin de cette industrialisation dont les bénéfices sont incontestables avec des gains économiques et sociaux innombrables, pour une nette amélioration des conditions de vies au sein d’une nation.

Plus que par le passé, le moment est donc venu pour l’Afrique de donner de la voie pour réclamer plus de financements pour la lutte contre le changement climatique, ceci en compensation des énormes sacrifices consentis par le continent dans ce domaine. Mais face à l’inertie de certains dirigeants du continent, les choses risques ne pas avancer au terme de la COP26, avec des interventions qui ne pourraient encore se limiter qu’à de simples discours. A titre d’exemple, le montant de 100 milliards de dollars (56566 milliards de Fcfa) que les pays développés ont promis depuis 10 ans de verser chaque année aux pays en voie de développement, pour financer leur transition écologique, peine encore à être mobilisée. La somme d’1,5 milliards de dollars US que certaines nations occidentales et le Fonds Bezos, se sont engagés à Glasgow à verser dans la préservation de l’écosystème forestier d’Afrique centrale, s’apparente elle à un grain de sable dans la mer.

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