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L’avenir économique de l’Afrique centrale vu de la BAD

La sous-région Afrique centrale n’a pas été épargnée sur le plan économique par le Covid-19. C’est en substance que qu’indique la Banque africaine de développement (BAD), dans son rapport publié le 17 novembre dernier et intitulé : « Perspectives économiques en Afrique centrale 2021 : dynamique de la dette et relance post-Covid ». Dans ce qui est considéré comme sa publication phare, l’institution financière panafricaine dont la principale mission est de faire reculer la pauvreté dans ses pays membres régionaux, en contribuant à leur développement économique durable et à leur progrès social, révèle que la pandémie a provoqué une contraction de 2,7% du Produit intérieur brut (PIB) réel de cette partie du continent en 2020. Ce chiffre fait d’ailleurs de l’Afrique centrale, la deuxième région du continent la plus affectée économiquement après l’Afrique australe, qui a pour sa part vu son PIB dégringoler à 7%.

Les effets néfastes du Covid-19 sont d’ailleurs bien perceptibles sur le terrain. D’ailleurs, les populations sont durement affectées puisque le rapport attire l’attention sur une augmentation de l’inflation dans plusieurs pays. « Bien que celle-ci reste contenue dans les limites communautaires de 3% pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), pour la République démocratique du Congo, elle a atteint 11,8% en 2020. Le revenu par habitant a reculé de 0,9% en 2019 et de 5,6% en 2020 », précise la BAD. En effet, outre les hausses des prix des principales denrées alimentaires tels que le riz, l’huile de palme, le poisson, l’on déplore également une flambée des cours des matériaux de construction. Entre temps, le pouvoir d’achat des populations n’a quant à lui pas augmenté. Bien au contraire ! D’ailleurs, plusieurs personnes exerçant dans des secteurs tels que l’hôtellerie et le tourisme par exemple, ont perdu leurs emplois du fait de la pandémie.

Mais avec la reprise de l’activité économique dès le premier trimestre de l’année en cours, l’avenir s’annonce moins sombre pour l’Afrique centrale. La BAD table d’ailleurs sur une croissance de 3,2% en moyenne dans la région, « soutenue essentiellement par le rebond des prix du pétrole et des minéraux et la reprise des activités commerciales », apprend-on. Et afin de favoriser une relance économique rapide et efficace, mais surtout durable et inclusive, l’institution dirigée par le Nigérian Akinwumi Adesina, n’a pas manquer de formuler plusieurs recommandations dans son rapport.

À court terme, il est question de soutenir financièrement les ménages les plus vulnérables, d’accompagner les Petites et moyennes entreprises, surtout dans les secteurs les plus touchés par la pandémie comme le tourisme, l’hôtellerie et le transport, et de rééchelonner, voire renégocier, la dette. A moyen terme, il s’agit de réformer le système de subventions publiques pour de meilleurs ciblages et affectations, de parvenir à mobiliser des revenus autres que pétroliers et miniers, mais également de renforcer et améliorer la politique monétaire dans les différents pays de la sous-région. Et enfin à long terme, la BAD suggère notamment la mise en place de la loi fiscale pétrolière communautaire, le renforcement de la gestion des entreprises publiques et de la gouvernance économique en général, de même qu’une restructuration de la dette des pays.

La BAD n’a toutefois pas omis de souligner que l’Afrique centrale a efficacement lutter contre la crise sanitaire, en mettant en place des mesures de riposte rigoureuses. Toutes choses qui ont largement contribué à réduire les pertes en vies humaines et faire de l’Afrique central, la région la moins touchée au monde avec seulement 3 743 décès enregistrés au 2 novembre 2021.

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